Black swan  / Natalie PORTMAN : 

Un « point de fusion » de la nouvelle culture  mondialisée

(Cinéma / Mode / Pub / People / Art contemporain / Economie)

 

 

Résumé de l’article : le succès inattendu du film Black Swan révèle – de manière implicite – la profondeur de la crise économique et sociale qui frappe, dans nos sociétés occidentales, les classes moyennes et populaires en ce début 2011. La rencontre réussie entre le film et ses spectateurs « adulescents » nous permet de poser l’hypothèse suivante : dans la réception du film Black swan, les facettes médiatiques multiples de l’actrice principale (Natalie Portman) présentes sur l'Internet ont influencé la perception du public, en édulcorant le caractère sombre, pessimiste de  l’oeuvre.

L’analyse des articles consacrés au film est aussi l’occasion de constater une évolution du travail de la critique la plus « intellectuelle et légitime » (Les Cahiers du Cinéma, Positif), certes toujours attachée aux valeurs de la « cinéphilie », mais de moins en moins centrée sur un point de vue esthétique, théorique.

Thématique générale de l’article : que devient la culture cinématographique dans un monde soumis à un capitalisme prédateur qui a besoin, pour se développer, de marginaliser l’esprit critique, de dépasser, voire de rendre obsolète la culture « légitime » traditionnelle en imposant des normes présentées comme « modernes », « conviviales », basées sur la « starisation » (le « people »), la transgression (sexe, violence), la dérision conformiste (humour « potache », « décalé ») ?

 

 

La revue culturelle « branchée » Les Inrocks propose sur son site Internet la pub

« Miss Dior Chérie » interprétée par Natalie Portman et réalisée par Sofia Coppola.[1]

 

Solidaire, Natalie Portman vient de lancer un concours (réservé aux jeunes âgés de 13 à 21 ans) pour récolter des fonds destinés à une école de filles au Kenya. Le gagnant du concours gagnera la robe qu’elle portait lors de la première de Black Swan.

Voici (05/02/2011)

 

Lors de l'avant-première new-yorkaise du film Black Swan, Natalie Portman est apparue dans une robe longue Dior noire, au décolleté rétro. Un choix dans l'air du temps, pour un cygne noir.

Gala (02/12/2010)[2]

 

L'actrice américaine Natalie Portman et le danseur et chorégraphe français Benjamin Millepied se sont fiancés et attendent leur premier enfant, ont déclaré hier  leurs agents au magazine People.

Le Figaro (28/12/2010)

 

Francesco Vezzoli est peu à peu en train de flouter la frontière entre cinéma et art contemporain. L’artiste contemporain italien a produit Greed. Dans ce faux spot publicitaire présenté à la Gagosian Gallery de Rome, Natalie Portman et Michelle Williams se chamaillent pour pouvoir porter un parfum

Première (18/02/2009)

 

 

 

Introduction :

"(…) Parce qu'on s'identifie autant au personnage qu'à l'acteur avec lequel on se trouve en empathie. D'où la starisation aujourd'hui de Natalie Portman, dont la cote d'amour est proportionnelle

à la pitié qu'on ressent pour son personnage de Nina"

Stéphane Delorme (Les Cahiers du Cinéma / 01/02/2011)

 

Le succès d'un film révèle souvent (même si la rencontre est éphémère) les conflits latents, les angoisses, les espoirs de la société, du public qui le consomme. Ici aussi, le succès de Black Swan dépasse de loin la simple plongée au coeur du monde de la danse; le film évoque, de manière moins visible, les souffrances causées par le capitalisme en ce début de 21ième siècle. On pourrait dire - pour illustrer, par un exemple historique fameux, cette relation mystérieuse - que  King Kong (Cooper et Schoedsack / 1933) est plus un récit caché de la grande crise économique du capitalisme en 1929 qu’une description du comportement des grands singes anthropoïdes quand ils ont l’occasion de visiter New York… Plus récemment, le triomphe absolu dans nos salles (près de 20 millions d'entrées) de  Bienvenue chez les chtis  (Dany Boon / 2008) entretient certainement plus de rapports avec le style « bling bling » et les résultats économiques et sociaux calamiteux du Président nouvellement élu en 2007, qu'avec la toujours sympathique découverte des beffrois et des traditions festives ou linguistiques de la région lilloise…

Black Swan, qui a séduit un large public, fera-t-il bientôt partie des "classiques" du 7° Art ? L'avenir nous le dira… Mais l'accueil qu'il a reçu de la part d'une grande partie de la critique révèle des évolutions parfaitement en phase avec notre société où prime le sensationnel, l'émotionnel et le superficiel. Depuis que nous avons assisté, avec la disparition de l'URSS en 1991, à la "fin de l'Histoire", un nouveau monde, plus ouvert est apparu; la « culture cinématographique » est, elle aussi, en pleine mutation. Certes, malgré la concurrence de plus en plus rude des jeux vidéos omniprésents (que l'on trouve bien sûr avec les consoles de jeu, mais également avec les ordinateurs et les téléphones), l'univers cinématographique est bien vivant, créatif, mais il semble de plus en plus poreux, réceptif aux autres formes de communication qui soutiennent la société marchande  numérisée et "hyper-technologique" (notre horizon indépassable ?). C'est certainement cette imbrication nouvelle qui structure globalement aujourd’hui notre imaginaire, notre rapport au monde.

Partons d'un film (Black Swan en l'occurrence), un divertissement à la fois artistique et populaire, pour tenter de mettre à jour le réseau communicationnel planétaire (puisque "notre globe n'est plus qu'un village[3]") qui va déformer et préciser sa signification, organiser différemment ses « signes », donc rendre Natalie (l'actrice au firmament) et Nina (le personnage "maudit") définitivement indissociables, opposées et pourtant fusionnelles.

Hypothèse : la fin tragique de l'héroïne, Nina (elle meurt sur scène à la fin de la représentation), est adoucie par la "succès story" professionnelle, amoureuse, militante et artistique de l'actrice Natalie Portman (à la fois star "positive", éternelle princesse des étoiles, vénérée par le public pour ses succès, et martyre de l'art cinématographique pour les souffrances qu'elle a enduré avec abnégation durant le tournage). Nina disparaît dans la douleur, mais Natalie brillera de tout son statut de vedette quand elle recevra l'Oscar qui ne peut lui échapper. Cette complémentarité, cette agrégation d'images, carburant de la nouvelle société de l'information "aimantée par le principe de plaisir[4]", va occulter la noirceur du film. L'Art cinématographique alimente désormais les autres industries culturelles, qui le modifient à leur tour, le façonnent pour lui permettre d'atteindre une rentabilité (symbolique, artistique mais aussi économique) maximale. La "culture" est devenue une partie importante de l'activité économique[5]. C'est ce que nous allons tenter de comprendre en explorant les ramifications culturelles (et économiques) tressées autour de Black Swan et de son actrice principale, Natalie Portman.

Générique :   « Black Swan[6] » : film de Darren Aronofsky (USA - 2010) avec Natalie Portman (Nina), Mila Kunis (Lilly), Winona Ryder (Beth), Vincent Cassel (Thomas Leroy), Benjamin Millepied (David), Barbara Hershey (Erica Sayers, la mère de Nina).

Scénario : Darren Aronofsky et Marc Heyman   -   Musique : Clint Mansell

Carrière du réalisateur (né en 1969) : Pi (1998) – Requiem for a dream (2000) – The Fountain (2006) – The Wrestler (2008) [ce film a obtenu le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 2008].

 

Box office :   « Le film Black Swan, est toujours premier du box-office mondial, puisque le thriller psychologique a engendré aux USA 100 millions de profits, et 70 millions de dollars de bénéfices dans le reste du monde. En France, en une semaine, ce ballet sépulcral aura aimanté 714 000 spectateurs, soit une excellente moyenne de 2 380 entrées par copie (Rien à déclarer, la comédie de Danny Boon, reste en tête des entrées avec 1,8 millions de spectateurs) »[7]. [D'autres films sortent ce même mercredi sur les écrans : Le discours d'un roi (500 000 entrées) – Tron : l'héritage (475 000 entrées) – Animaux et Cie 3D (200 000 entrées)]. « Le  film est plus populaire que ce que l'on aurait pu imaginer. En ce moment, Black Swan approche les 100 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis. Tout le monde est sur le cul ! » (Vincent Cassel / Excessif.com / 03/02/2011).

Pour sa deuxième semaine d'exploitation en France, Black Swan a été vu par 1,3 millions de spectateurs – Rien à déclarer cumule depuis sa sortie 6 millions d'amateurs de comédie -)[8]. En troisième semaine, le film a été plébiscité par un total de 1,7 millions de spectateurs. Avant de nous intéresser au discours de la critique majoritaire, intéressons-nous au réalisateur Darren Aronofsky.

 

1.    Le réalisateur, Darren Aronofsky

 

1.1.  En bon stratège, le madré réalisateur Darren Aronofsky évoque son film Black Swan

« C’est un film d’horreur ; il est effrayant, mais en même temps très sexy. Black Swan attire beaucoup de publics différents pour beaucoup de raisons différentes : la danse, l’horreur, le sexe. Je pense qu’il y a dans le film assez d’éléments pour attirer autant les hommes que les femmes (…) Dans Black Swan la violence et la sexualité sont montrés de manière beaucoup plus poussée que dans les films commerciaux habituels »[9].

 

1.2.  Une "piste psychanalytique" qui pourrait éclairer le projet du film ?

 

Le réalisateur est allé jusqu'au bout de ses fantasmes, de ses hallucinations"

Thomas Sotinel (Le Monde / 09/02/2011)

 

Darren Aronofsky : "Comme ma sœur a été danseuse étoile, j'ai fait connaissance dès l'enfance avec cet univers si particulier !" (Le Figaro / 09/02/2011) – "Fluctuat : Pourquoi un film sur la danse ? Darren Aronofsky : " Sans doute parce que ma sœur était danseuse de ballet" (E. Vernay / Fluctuat.net) – " Je voulais un film sur le ballet car ma sœur était danseuse" (N. Schiavi / Excessif.com) – "Objectivement, lorsqu’on regarde un ballet, c’est une poésie du corps mais, aussi un mouvement hystérique qui monte et qui descend, avec des tableaux mélodramatiques et kitsch et des ­costumes à la limite du grotesque. Les danseuses en tutu, hissées sur leurs pointes, et les danseurs, moulés dans leurs collants avec une grosse bosse au niveau de l’entrejambe, semblent venir d’une autre planète" (Darren Aronofsky, entretien / Paris-Match) – "Ma sœur était danseuse quand nous étions enfants. Toute personne qui a connu ça dans sa famille sait à quel point c’est envahissant" (Darren Aronofsky, entretien, Le Temps) – "Je ne savais rien de cet univers, sinon que ma sœur avait fait beaucoup de danse" (Darren Aronofsky, entretien / Danser) – "Aronofsky était attiré par le monde de la danse parce que sa sœur en faisait lorsqu'il était enfant" (G. Delorme / Première) -

Le film révèle-t-il une certaine fragilité mentale chez le réalisateur ? "Il y a dans Black Swan une dimension de manifeste, la proclamation d'un Moi artistique névrotique." (L. Haddad / Technikart)

 

1.3.  Les influences cinématographiques (et littéraires) revendiquées par Darren Aronofsky  (et ses comédiens) pour réaliser Black Swan

 

Darren Aronofsky (Le Figaro) : Le fantôme de l'opéra / Rupert Julian / 1925 – Sueurs froides / Alfred Hitchcock / 1958.

Daren Aronofsky (Première) : All about Eve / Joseph L. Mankiewicz / 1950, Répulsion  (Roman Polanski / 1966, Le locataire (Roman Polanski / 1976), La Mouche (Cronemberg / 1986).

Le réalisateur précise "Au départ, je voulais faire quelque chose autour de l'œuvre de Dostoïevski, Le Double, l'histoire de quelqu'un qui se réveille et qui s'aperçoit qu'un homme l'a remplacé dans sa propre vie. C'est une idée effrayante" (Darren Aronofsky, entretien / Excessif.com).
[Selon Natalie Portman (Les Inrocks)] : un roman de Dostoïevski ("Le Double") et deux films : Répulsion / Roman Polanski / 1966 – La pianiste / Mickael Haneke / 2001].

[Selon Vincent Cassel (Excessif.com)] : Le locataire / Roman Polanski / 1976, La mouche / David Cronemberg / 1986.

 

 

2.    Peut-on ne pas aimer le film Black Swan ? (la critique minoritaire)

Alors que la critique, dans sa très grande majorité (y compris les « Cahiers du cinéma » et « Positif »), tresse des lauriers au film, Fabrice Leclerc nous donne un point de vue plus réservé : « Dans la catégorie Comment réaliser un film outré pour moissonner de l’Oscar à la pelle, Black Swan est dores et déjà un chef d’œuvre. Une ode au surlignage. Le tape-à-l’œil érigé en art majeur. Chaque plan, chaque seconde, le film est serti d’effets visuels et narratifs. Jusqu’à l’écoeurement. (…) Ce (pourtant) beau sujet est encore torpillé davantage par l’incessante manie du réalisateur de citer outrageusement le cinéma des autres. (…) Un pensum diablement énervant »[10]. Même sentiment accablé pour Elise Domenach qui assiste à la projection du film au festival de Venise : « Avec la lourdeur d’un troupeau d’éléphants, Darren Aronofsky plonge dans la psychologie d’une jeune danseuse »[11] -  « Le nouveau - et très puéril - long métrage de Darren Aronofsky ne dédaigne pas flirter outrageusement avec le ridicule et le grand guignol » (PHL / La Voix du Nord) – « Sublimement filmé et interprété, ce drame chorégraphique se prend ­malheureusement les chaussons dans le gore fantastique et ­finit sur les pointes du ridicule » (A.S. / Paris-Match).

 

 

3.    Quelques aspects de  Black Swan  plébiscités  par la critique majoritaire, les nouveaux banquistes médiatiques sous le charme.

 

"Chaque scène est un morceau de bravoure où le fantastique, le cinéma indépendant et l'exercice de style forniquent jusqu'au vertige final (l'orgasme du film ?) qui signe la libération d'une actrice et d'un cinéaste entrés dans la cour des très grands"

Julien Welter (Première)

 

 

3.1.  Le discours cinéphilique,  les références les plus évidentes

 

Le travail de la critique nécessite de réactiver des références cinéphiliques nombreuses et pertinentes. Voyons quels sont les « grands ancêtres », les précurseurs, les génies du 7ième Art qui ont inspiré, d’après la critique, cette réalisation.

 

3.1.1.      Les films sur la danse

  • Les chaussons rouges  (Mickael Powell / 1948) pour Excessif.com, Nouvelobs.com, Mad Movies, l'Humanité, Philosophie Magazine, Les Inrockuptibles, Les Fiches du Cinéma 2011, Première
  • Showgirls /  Paul Verhoeven / 1995 pour Studio Ciné Live,

 

 

3.1.2.      Les films de « genre »

  •  Perfect blue  (Satoshi Kon / 1999) pour Chronik Art, Excessif.com, Première
  •  Carrie  (Brian de Palma / 1976) pour Libération, Nouvelobs.com, Leparisien.fr, Le Temps, Excessif.com, Mad Movies
  • Music Lovers / Ken Russel / 1970 pour Ouest-France
  • Les réalisateurs David Cronemberg, Dario Argento, pour Leparisien.fr, Mad Movies, l'Humanité,
  • Le réalisateur David Lynch, pour Le Télégramme
  • Les réalisateurs Robert Aldrich, Roman Polanski et Brian de Palma pour Les Inrockuptibles,

 

3.1.3.      Les désormais « classiques » du cinéma

  • Répulsion  (Roman Polanski / 1966) pour Excessif.com, Paris-Match, Le Temps, l'Humanité, Mad Movies, Télérama, Première
  • Le locataire (Roman Polanski / 1976) pour Excessif.com, Paris-Match, Nouvelobs.com, Mad Movies,
  • Rosemary's Baby / Roman Polanski / 1968 pour Télérama
  • La pianiste (Mickael Haneke / 2001) pour Rue89.com, Philosophie magazine,
  • All about Eve / Joseph L. Mankiewicz / 1950  pour Le Temps, Les Inrockuptibles
  • Esther Kahn / Arnaud Desplechin / 2000 pour Télérama

 

 

3.2.  Le film vu par les "poids lourds" de la critique sérieuse, "intellectuelle" et "légitime" : Positif et Les Cahiers du Cinéma

 

3.2.1.      Positif[12] : "Darren Aronofsky signe un film somptueux"

Fabien Baumann compare les thèmes de Black Swan et de The Wrestler, autre film d'Aronofsky qui se déroule dans le milieu du catch. Il décrit par ailleurs le combat que mène Nina pour incarner le "cygne noir" Il évoque enfin les figues féminines du film.

 

3.2.2.      Les Cahiers du Cinéma consacrent huit pages au film (et la couverture de la revue)

"On sort groggy de Black Swan"[13]. Stéphane Delorme évoque la carrière du réalisateur (cinéma indépendant, films précédents) et son style (direction d'acteurs, travail sur la musique, composition des personnages, dramaturgie).

[Le magazine « grand public » Première consacre également huit pages (ainsi que la couverture du magazine) au film, à l'actrice et au réalisateur]

 

3.3.  Black Swan, source de questionnement pour  les philosophes ! (Philosophie Magazine / Février 2011)

 

La très sérieuse revue "Philosophie magazine » consacre un dossier au film dans son numéro de février 2011. Au menu, un entretien avec le réalisateur, et une analyse "philosophique" menée par Olivier Pourriol (Normalien, agrégé de philosophie, auteur d'un livre sur le désir et le cinéma). "Olivier Pourriol a armé les ressorts philosophiques autour d'un motif : le "désir mimétique".

Le philosophe questionne ce "sombre conte de fées" : "La première pénétration de Nina correspond d'ailleurs à celle d'un miroir qu'elle se plante dans l'estomac. Le sang coule et macule le tutu. Alors seulement elle devient femme. Comme dans tout conte, sa mort vaut pour une renaissance".

Par ailleurs O. Pourriol analyse le film à travers la notion de "désir mimétique" telle que l'a proposée René Girard ("Peut-on désirer autrement que selon le désir d'un autre ?").

 

 

 

 

 

4.    Natalie Portman, actrice séraphique au travail

"«Je n’ai aucun problème avec le fait de gagner de l’argent,

mais je ne pourrais pas faire quelque chose auquel je ne crois pas"

Natalie Portman (New York Magazine / 2009).

 

4.1.  Inclassable

« Natalie Portman est sans conteste l'actrice de l'année. Mais elle est également l'actrice de tous les contraires. A la fois enfant prodige, petite fille sage, ado rebelle, bonne copine et femme fatale. (…) Natalie Portman sait parfaitement mener sa carrière et reste une des rares actrices inclassables, et c’est ce qui la rend spéciale aux yeux du public et des metteurs en scène. (…) Dans ce long métrage, l’actrice semble métamorphosée. Elle n’incarne pas Nina, elle est Nina. Ce cygne blanc parfait et délicat qui tente coûte que coûte de se transformer en cygne noir mais qui n’arrive presque jamais à se défaire de son image un peu trop lisse, un peu trop parfaite. Grâce à Black Swan, Natalie Portman paraît encore plus insaisissable, plus étincelante. (…) Black Swan est un peu le film de sa vie  »[14].  -  « C’est le rôle de sa vie ! » (Vincent Cassel à propos de sa partenaire Natalie Portman / Excessif.com).

 

4.1.1.     Souvenirs d'enfance et difficultés d'adulte

"Professionnellement, mes parents ne m'ont jamais obligée à faire quoi que ce soit. En revanche, ils ont été très durs en ce qui concerne mes études. C'est sans doute un comportement très juif... (Rires). Quand j'avais 97 sur 100 à un examen, ils me disaient : "Il faut que tu aies 100 sur 100 !" Donc je connais bien ce sentiment mais heureusement pas avec la même intensité que mon personnage" (Natalie Portman, entretien / Les Inrocks). - "Fluctuat : Pourquoi avoir choisi cette actrice ? Darren Aronofsky : Elle joue toujours des rôles de filles jeunes, parce qu'elle a cette beauté fragile Et puis un soir, je suis allé me bourrer la gueule avec elle et j'ai réalisé qu'elle n'était pas si jeune et que je voulais montrer ça" (E. Vernay / Fluctuat.net) -

 

4.1.2.     Son travail de comédienne

 

"Avec ce film, Natalie Portman révèle la schizophrénie d'une carrière cloîtrée

dans la représentation pubère d'elle-même"

Julien Welter (Première / 01/02/2011)

 

« Natalie Portman, cette actrice qui est aujourd’hui le sex symbol qui a le plus peur de sa propre image et de son propre corps » (Philippe Azoury / Libération / 09/02/2011) –  " Actrice surdouée et dévouée à son métier de façon stakhanoviste, Natalie Portman atteint enfin le sommet" (Les Inrocks – 06/02/2011) – " Un rôle comme Nina dans Black Swan peut vraiment vous perturber. Comme je le disais, je m'y suis tellement investie que j'aurais pu en perdre la tête" (Natalie Portman / Les Inrocks) – "C'est l'expérience la plus enrichissante et stimulante que j'ai jamais eue en tant que comédienne. Entre autres parce que ma relation avec Darren Aronofsky était presque télépathique. Il disait la moitié d'un mot et je comprenais tout" (Natalie Portman / Les Inrocks) – " Natalie est petite, elle n’a pas de longs bras ou de longues jambes... Bref, elle n’a pas un corps de danseuse !" (Darren Aronofsky, entretien / Paris-Match) –

 

Natalie Portman était, en 2009, une actrice "rentable" :

Selon l’enquête du magazine Forbes, Naomi Watts arrivait en tête de ce classement (Naomi Watts rapportait cette année là 44 $ pour chaque dollar qui lui était versé). Natalie Portman arrivait en quatrième place de cette liste des 10 actrices les plus rentables de Hollywood. La jeune femme, découverte dans Star Wars, constituait un bon investissement puisqu’elle rapportait déjà 28 $ pour chaque dollar de salaire (I. Hontebeyrie / lebuzz.info / 07/10/2009)[15].

 

 

 

 

4.1.2.1.Une performance douloureuse

 

"On sort nous aussi lessivés de la représentation donnée !"

Toutleciné.com  (11/01/2011)

 

4.1.2.1.1.     Le corps des actrices en capilotade

«Natalie Portman a travaillé durant des mois pour pouvoir jouer une danseuse et tourner elle-même la plupart des scènes chorégraphiées. » (S. Avon / Sud-Ouest) - « La transformation physique de Natalie est stupéfiante ; elle se lit à l'écran, sur son corps » (D. Aronofsky / l’Express / 07/02/2011) – " Natalie s'est entraînée pendant un an, cinq heures par jour, cinq jours sur sept. C'est une performance quasi militaire pour elle" (D. Aronofsky, entretien / Le Figaro / 09/02/2011). – " J'ai dû travailler avec tout mon corps car il fallait que je m'exprime par le mouvement (…) Un an avant le début du tournage, j'ai commencé à m'entraîner trois heures par jour avec une danseuse professionnelle qui m'a appris à développer les muscles de mes orteils avec d'interminables séances de pliés. Six mois avant le tournage, j'ai commencé à nager un kilomètre et demi par jour et à faire cinq heures de ballet. Deux mois avant, j'ai dû apprendre la chorégraphie en y travaillant huit heures par jour" (Natalie Portman, entretien / Les Inrocks) –  "Benjamin Millepied confie alors Natalie Portman à Mary Helen Bowers, ancienne danseuse au New York City Ballet. Elle lui fait travailler la danse et y ajoute un mile de piscine par jour. Portée par ces cinq heures d'exercice quotidien (qui passeront à huit au moment d'apprendre la chorégraphie) l'actrice se mure dans une vie d'ascète, concentrée sur les progrès physiques à accomplir. Et adopte une alimentation de ballerine à base de carottes, de sushi et d'amandes (A. Bavelier / Le Figaro) –  « Dans ce métier, pas question de boire, de sortir avec des amis ou de trop manger. Ça et la douleur physique qui vous assaille quotidiennement, c’est presque de l’auto flagellation » " (Natalie Portman, entretien / Mad Movies) - : "Pendant les trois dernières semaines de tournage, je ne pouvais pas être soulevée normalement pour les portés, j'avais l'impression qu'on me poignardait"  (Natalie Portman, entretien / Première)

 

4.1.2.1.2.     Durant de longs mois, une existence ascétique

" Après avoir atteint un poids limite, le réalisateur Darren Aronofsky aurait demandé à l'actrice de se remettre à manger d'urgence. Le cinéaste se rappelle ainsi avoir été surpris par la maigreur limite maladif de son corps. "Natalie Portman a pris le film très à cœur. A un moment durant le tournage, je l'ai trouvé si fine que je lui ai demandé de manger !", déclare le réalisateur à Access Hollywood." (V. Martine / Excessif .com) - " Pendant le tournage, Natalie Portman n'avait droit qu'à des portions réduites, « Je ne devais pas dire non aux aliments. C'était juste des rations plus petites... C'était plus une question de quantité qu'autre chose. » (…) C'était vraiment une vie de danseuse. L'expérience était incroyable mais très difficile ». Tellement difficile qu'après avoir fini Black Swan, Natalie Portman s'est jetée sur les pizzas et les pâtes" (M. Claudel / Excessif.com) - "Natalie Portman qui a récemment avoué s'être affamée pour son rôle de ballerine dans "Black Swan", veut désormais profiter de sa grossesse" (closermag.fr) – "Natalie Portman a perdu le nombre de kilos idoines pour se préparer à incarner Nina" (J. Roy / l'Humanité) -

 

 

4.1.2.1.3.     Une actrice en enfer

" J'essayais d'oublier et d'être moi-même en rentrant à la maison mais impossible... Mon personnage me hantait" a confié Natalie Portman au Daily Mail. Elle a également avoué qu'elle mangeait très peu pendant le tournage et qu'elle était totalement surmenée" (S. Hadj-Djilani / Excessif.com /01/08/2011) - "Natalie Portman a vécu un véritable enfer pendant le tournage du film : « Il y avait des nuits où je pensais que j'allais mourir. » explique-t-elle à Entertainment Weekly" (M. Claudel / Excessif.com).

[Mila Kunis (Lily, la ballerine concurrente), fait part également des souffrances endurées : "J'ai eu un seul jour de repos pour mon anniversaire. J'ai perdu neuf kilos, je me suis tordue les ligaments, je me suis déboîtée l'épaule. J'ai deux cicatrices dans le dos, mais cela en valait la peine" (La Dépêche du Midi / 17/02/2011) – " Fini les hanches, les seins, les fesses, la jeune femme se rappelle n'avoir été qu'un fil de fer. Dans la vie réelle, elle faisait peur, tandis que dans le film, elle apparaissait merveilleuse. Sa mère s'est même inquiétée de son état en faisant promettre à sa fille de reprendre des kilogrammes sitôt le tournage de Black Swan fini" (V. Martini / Excessif.com)].

 

 

4.1.2.2.Des scènes de sexe, crues ou… ridicules  (mais toujours "scandaleuses" !)

« Pauvre petite oie blanche, découvrant avec stupeur les frissons de la débauche (sexe, alcool, drogue et hamburger) dans des scènes de série rose à hurler de rire ! » (PHL / La Voix du Nord) -

 

4.1.2.2.1.     Nina (scène réelle ou fantasmée) se masturbe

"Thomas Leroy, le chorégraphe, confie à son étoile un autre devoir du soir : se masturber chez elle avant de s'endormir ! Black Swan ne narre donc qu'une introspection : Nina devra dénicher sa salope intérieure… du doigt. Aronofsky filme les yeux de Natalie Portman qui se plissent, son corps menu qui se vrille,

son souffle qui se saccade, ses fesses qui ondulent quand elle se place à quatre pattes…

avant qu'un plan d'une inattendue drôlerie révèle sa mère possessive endormie près du lit"

Fabien Baumann (Positif, prestigieuse revue de cinéma !)

 

" A un moment du film, ton personnage aura des relations sexuelles avec lui-même", m'a-t-il annoncé. J'étais très choquée par l'idée de cette scène et je l'ai dit à Darren. Mais aujourd'hui, je comprends toute son importance. Je pense qu'il s'agit d'une scène nécessaire car c'est le premier moment où Nina se laisse aller et se fait plaisir au lieu de faire plaisir aux autres. C'est sa première rébellion contre un monde qui l'opprime" (Natalie Portman, entretien / Les Inrocks). - « Le directeur de la troupe lui demande de se masturber, de se découvrir, de devenir une véritable garce » (M. Meklat et B. Saïd Abdallah / Bondyblog.fr / 22/02/2011)

 

4.1.2.2.2.     Scène (réelle ou fantasmée) de rapports saphiques entre les deux héroïnes

"Une scène lesbienne qui a déjà beaucoup fait parler d'elle; "C'est une façon intéressante d'utiliser

le sexe dans un film" affirme Portman" (G. Delorme / Première) -

 

" La vidéo de l’étreinte homosexuelle entre les deux actrices est visible sur la toile. Natalie Portman a déclaré que le tournage de cette scène a été très difficile. Ces images pourraient choquer les plus jeunes et s’adressent à un public averti" (P. Gucci / melty.fr / 22/12/2010) - « Black Swan » séduira par ses scènes atrocement érotiques » (M. Meklat et B. Saïd Abdallah / Bondyblog.fr / 22/02/2011) -  « Un thriller saupoudré de scènes de masochisme et de saphisme » (E. Guerra / Commeaucinema.com) – " Nina trouve pour exutoire une scène de lesbianisme… réelle ou imaginaire" (Bienpublic.com) – " Black Swan reste trop sage, qui oscille entre bibliothèque rose romantico-gnan-gnan et ambiance sexe-trash" (Eric Libiot / L'Express) – " En ce moment, Natalie Portman crée le buzz autour d'une scène intime qu'elle partage avec Mila Kunis dans Black Swan. S'échangeant plus qu'un langoureux baiser lesbien, les deux actrices n'ont pas hésité à se montrer quasiment nues. Sur ce point, Natalie Portman est formelle et n'a pas de problème à se dévoiler en tenue d'Eve. Interrogée par le magazine V, Natalie Portman explique, « Je cherchais ma propre identité sexuelle, ce que j'aime, ce que je déteste, et c'est bizarre de faire ces choses dans un film quand c'est le cas. Mais ce n'est pas torride, c'est extrême. » (M. Claudel / Excessif.fr). - "Une scène saphique d'un érotisme inquiétant" (J. Welter / Première) –

[Cette scène peut provoquer des tensions au sein des familles des comédiennes, comme en témoigne Mila Kunis, la "partenaire" de Natalie Portman : "Nous savions que ça allait attirer l'attention. Nous espérions seulement que les gens ne sortiraient pas de la projection en ne gardant en mémoire que cette scène de sexe. Je pense qu'elle est importante pour l'histoire. Elle n'a pas été tournée seulement pour choquer (…). Je me sens quand même désolée pour mon père. Il a quitté la salle durant cette scène de Black Swan. Je pense qu'il ne voulait pas imaginer sa fille faire ce genre de chose", a-t-elle confié lors d'un entretien accordé à la presse américaine" (La Dépêche du Midi, 07/12/2010)]. 

 

4.1.3.     "L'Oscar pour Natalie Portman ?" (Ouest-France / 09/02/2011)

« On aura beaucoup évoqué un Oscar potentiel (et amplement mérité) pour une Natalie Portman enfin devenue adulte sous l'oeil de la caméra » (E. Guerra / Commeaucinema.com) – " Natalie Portman, favorite des oscars" (Paris Match / 15/02/2011) – " la scène des Golden Globes, antichambre d'un oscar plus que probable" (Les Inrocks / 06/02/2011) – " Un film hors du commun, multinominé aux prochains Oscars" (C. Haas / Paris-Match) – "Le film concourra aux prochains Oscars dans cinq catégories" (Bienpublic.com) – " Nathalie Portman mériterait deux Oscars !" (M. Sauvion / Leparisien.fr) – " Natalie ­Portman, grande favorite pour la statuette de la meilleure actrice le 27 février prochain" (T. Jobin / Le Temps) – " Un film bien emballé et qui offre à Natalie Portman son rôle à Oscar" (E. Libiot / L'Express) – " Natalie", souligne le cinéaste, fait figure d’archifavorite pour l’Oscar (Métro.doc / 09/02/2011) – "Sa prestation fait d'elle l'une des favorites pour l'Oscar" (M. Ameutent / Parismatch.com) – "De nombreux spécialistes la voient favorite aux prochains Oscars" (C. Brochet / Parismatch.com) -  " Natalie Portman doit gérer sa course à l'Oscar, puisqu'elle est donnée en bonne position cette année" (closermag.fr)  - "Natalie Portman est à couper le souffle (avec un Oscar à la clé ?)" (E. Vallerey / Première) – "Natalie Portman est en lice pour les Oscars" (L. Haloche / Le figaro magazine). "Son travail d'actrice devrait valoir l'Oscar à Natalie Portman" (J. Roy / L'Humanité) – "Portman est presque assurée de partir avec la précieuse statuette" (Mad movies) – "Une performance habitée et viscérale qui devrait la mener jusqu'à l'Oscar" (Première) – "Une bonne surprise aux Oscars pourrait récompenser Natalie Portman ?" (G. Delorme / Première)

 

 

5.    Black Swan, film qui présente quelques points de vue perçus comme  « politiques » 

 

  • « Le film est politique. Il touche tout le monde, parce qu’il parle de l’humain dans une communauté compétitive, ce qui est un peu notre société occidentale. Ce qu’il y a de beau dans le film, c’est comment il interroge une société, des modes de fonctionnement, des rapports de pouvoir. (…)  Que ce soit les rapports avec la mère, avec le chorégraphe, entre les danseuses, on est toujours dans la destruction, jamais dans l’échange. La danse classique, vue par le cinéma, reste le reflet de la société » (Bernardo Montet, directeur du Centre Chorégraphique National de Tours /La Nouvelle République / 23/02/2011).
  • " (…) sa métaphore sur le rêve américain empoisonné par son revers de médaille" (E. Libiot / L'Express) - 
  • "C'est une fable sur le surmenage au travail : travailler trop rend fou !" (M. B. / Les Fiches du Cinéma 2011)
  • "Durant les périodes de crise, beaucoup de comédies et de films grotesques sont tournés afin d'empêcher les gens de sombrer dans la psychose collective. De même les films de Darren Aronofsky sont des pharmakon, des médicaments… qui peuvent facilement tourner au stupéfiant" (Olivier Pourriol[16])

 

Black swan, film bourgeois et ouvrier, réconcilie enfin les anciens adversaires de la « lutte des classes » !

 

  • "Ce pas de deux entre le Bien et le Mal impressionne par son originalité, sa réalisation et la prestation des acteurs" (L. Haloche / Le Figaro Magazine / 05/02/2011)
  • "Musique, intrigue, décors, mise en scène, direction d'acteurs, tout est somptueux. Black Swan est de ces rares films dont on est sur qu'on ne les oubliera jamais" (J. Roy / L'Humanité / 09/02/2011).

 

 

 

6.    L’image de la folie dans le film

"Nina n'a aucune image de père. La découverte d'un référent masculin lui est d'autant plus pénible

qu'il y a ce que Lacan nomme "une forclusion du Nom-du-Père"

Philippe Grimbert, psychanalyste (Danser n°306, 01/02/2011)

 

Certes le film décrit l’univers de la danse, mais il témoigne également du basculement dans la folie de sa jeune héroïne. Au fait, de quel type de maladie mentale parle-t-on ici ? Confrontons diverses opinions qui prouvent que la critique cinématographique est parfois bien éloignée de l’examen psychologique ou du diagnostic psychiatrique… " Ce n'est pas un film sur la maladie mentale mais sur un monde fantasmé" (D. Aronofsky, entretien / Excessif.com) - (cf. : ANNEXE II).

 

 

 

 

7.    Les professionnels de la danse donnent leur avis sur le film

" Les professionnels ont admiré sa détermination et considéré que Natalie Portman était crédible"

 (Darren Aronofsky, entretien / Paris-Match)

 

  • Gilles Jobin (chorégraphe suisse et chef de compagnie) : « Le niveau de la danseuse étoile n’est pas fameux… (…) La chorégraphie contient très peu de parties dansées. Elle ne doit pas être top difficile !" 
  • la ballerine professionnelle Gillian Murphy a exprimé au Los Angeles Times combien elle avait trouvé le film "choquant" et "dérangeant". Membre du ballet de New York, la danseuse s’est dite horrifiée par le portrait impitoyable qui est dépeint du monde de la danse dans Black Swan, et tenait à préciser qu’il s’agissait là d’une fiction extrêmement éloignée de la réalité (Première.fr / 08/12/2010).
  • Benjamin Millepied (danseur et chorégraphe du film) : " En général, les films sur la danse sont si mauvais ! (…) Nous sommes tout de même dans un film d’horreur, dans du spectacle (…) sur les millions de spectateurs qui ont vu ou qui vont voir le film, un bon nombre n’a jamais assisté à un ballet. Et là, ils entrent dans cet univers. C’est déjà beaucoup " (Paris-Match / 15/02/2011).
  • Brigitte Lefèvre, ancienne danseuse, chorégraphe et actuelle directrice de la danse à l'Opéra de Paris : « J'ai été complètement bluffée. Elle est incroyable ! Déjà, il faut dire qu'elle a un physique de rêve pour une danseuse (…) Mais elle a tendance à se positionner comme une martyre. Ce discours me gêne un peu" (Rue89.com / 09/02/2011).
  • Elisabeth Platel (directrice de l'École de danse de l'Opéra de Paris) est formelle : «Natalie Portman a fait un travail incroyable. En Reine des cygnes, elle est totalement plausible (…) Black Swan, c'est Psychose dans la danse: un film qui utilise le monde de la danse, mais sûrement pas un film sur la danse » (A. Bavelier / Le Figaro / 29/02/2011).
  • "On regrettera paradoxalement la faible réussite des images de danse, piètrement chorégraphiées et mal filmée"s (A. Dollfus / Danser n°306 / 01/02/2011).
  • "La chorégraphie est vraiment ringarde et poussive" (Marie-Claude Piétragalla, ex-étoile de l'Opéra de Paris, chorégraphe et directrice de compagnie, / Danser n° 306)
  • Ashley Bouder (Principal au New York City Ballet) ; "Black Swan n'est pas un film blessant pour la danse" (Danser n°306)
  • Elisabeth Platel (Ex-étoile de l'Opéra de Paris et directrice de l'Ecole de danse) : "C'est un film intéressant malgré tous ses clichés, mais qu'il faut absolument considérer comme une fiction fantastique"  (Danser n°306).
  • Agnès Letestu, étoile à l'Opéra de Paris : "Je n'ai pas été transportée par la danse – très quelconque, voire has been – que j'ai vue dans le film (Danser n°306)

 

Selon les professionnels de la danse, selon certains critiques quelques titres de films de danse qu’il vaudrait mieux découvrir (ou revoir)…

Gilles Jobin propose une liste de films "qui respectent la danse" (Soleil de nuit / Taylor Hackford / 1986, Les chaussons rouges / Mickael Powell / 1948, Parle avec elle / Pedro Almodovar / 2002, All that jazz / Bob Fosse / 1979). Un film de danse est crédible si les danseurs sont de tout premier plan »[17]. PHL (La Voix du Nord) propose redécouvrir Les chaussons rouges ou Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch / Anne Linsel / 2010. Brigitte Lefèvre nous incite à revoir Chantons sous la pluie / Stanley Donen / 1952, ou Un américain à Paris / Vincente Minelli / 1951 (Brigitte Lefèvre / Rue89.com).

 

 

8.    Avec Black Swan, de nouvelles raisons de se laisser tenter, et de consommer…

" A l'occasion de la sortie en salles aujourd'hui du magnifique thriller de Darren Aronofsky, Black Swan, voici une petite sélection shopping inspirée des couloirs du célèbre New York City Ballet. Entre taffetas, dentelle et tulle, ballerines classiques et derby de salon, voilà de quoi briller comme l'étoile Natalie Portman.  "Pour toutes celles qui se rêvent en Cygne Blanc"…  (Le site présente des articles de mode liés à l'univers de la danse) (actustar.com / 10/02/2011).

 

 

9.    Natalie Portman : les images « People  /  Mode / Humanitaire / publicitaire » qui parasitent, enrichissent (et adoucissent ?) le film

 

9.1.  Le conte de fées devenu réalité emballe la « machine médiatique »

 

9.1.1.     La rencontre avec le "Prince charmant", le chorégraphe Benjamin Millepied

" Je la tiens par la taille ; c’est un plus, et on voit à l’écran une vraie sensualité entre nous deux"

(Benjamin Millepied / Paris-Match).

 

"Mais plus que des récompenses à venir, Natalie Portman a donc trouvé l’amour avec «Black Swan». L’idylle semble s’être nouée à la fin de l’année 2009. L’actrice n’avait pas de relation officielle depuis sa séparation d'avec le musicien et chanteur folk Devendra Banhart à l'automne 2008. Natalie Portman, que l’on a notamment connue avec Gaël Garcia Bernal, semble enfin avoir trouvé ballerine à son pied…" (M. Ameutent / Parismatch.com) - "Le public sera ravi d'apprendre que le film n’a pas seulement offert des trophées à Natalie Portman, mais aussi un fiancé : le danseur B. Millepied, dont elle attend son premier enfant" (Bienpublic.com[18]) – "Natalie Portman est tombée amoureuse du chorégraphe Benjamin Millepied et attend de lui son premier enfant" (A. Rivier / Le Télégramme) - " Bienvenus l'annonce de sa grossesse, les baisers en public avec son compagnon (le danseur bordelais Benjamin Millepied, chorégraphe du film)" (Les Inrocks, 06/02/2011).

 

9.1.2.     Une grossesse très médiatisée

"Le couple a dévoilé un autre heureux évènement… Natalie et Benjamin attendent en effet leur premier enfant" (M. Ameutent / Parismatch.com) – " A bientôt 30 ans, au faîte de sa célébrité, et alors qu'elle sera mère pour la première fois dans quelques mois" (G. Crouzet / L'Express.fr). – "Se marier, un bonheur qui s'ajoute à celui d'être mère. L'actrice est en effet enceinte de son premier enfant" (Purepeople / 10/01/2011). – "La jeune femme qui va découvrir pour la première fois les joies de la maternité dit qu’elle souhaiterait être entourée d'ondes positives" (L. Hennessy / neufmois.fr) –  «Natalie Portman et le danseur et chorégraphe français Benjamin Millepied viennent d'annoncer que non seulement, ils s'étaient fiancés, mais qu'en plus, ils allaient accueillir leur premier enfant ! » (La Dépêche / 28/12/2010) -  "Natalie Portman a affiché son ventre rond à la soirée des Screen Actors Guild Awards à Los Angeles (La Dépêche / 31/01/2011) - " Le chorégraphe français Benjamin Millepied a coaché l'actrice dans une symbiose si parfaite que la star américaine et son french lover attendent un bébé pour le printemps" (A. Bavelier / Le Figaro / 22/09/2011). - " Natalie Portman attend son premier enfant avec le chorégraphe français Benjamin Millepied" (Closermag.fr).

A cet instant, carrière cinématographique et maternité sont intimement liées : « Après avoir enchaîné les tournages ces dernières années (Brothers, Hesher, Black Swan, Sex Friends, Your Highness ou encore Thor), Natalie Portman, enceinte de son premier enfant, a décidé de se consacrer à sa grossesse et à l'arrivée de son bébé. Après avoir tourné dans huit films en deux ans, elle mérite bien un peu de repos » (La Dépêche / 24/01/2011)

 

 

9.2.  Féminine et sensuelle, lisse, parfaite, Dior en fait sa nouvelle égérie, "Miss Dior Chérie", (devant la caméra de Sofia Coppola). Le "devenir icône" de N. Portman ?

 

"Le parfum est pour moi synonyme de douceur. C'est d'ailleurs ce que j'aime avec celui pour lequel on m'a choisie, Miss Dior Chérie, il y a dans son coeur cette senteur de jasmin

qui m'est un souvenir très tendre, celui de ces enfants, au Maghreb,

qui venaient vous ouvrir leurs paumes pour vous faire sentir cette fleur"

Natalie Portman (entretien, L'Express.fr[19])

 

9.2.1.     Natalie Portman incarne "Miss Dior Chérie »

  • "Miss Dior Chérie", une pièce majeure dans la rentabilité du groupe LVMH

En 1987 la maison Dior est rachetée par le groupe LVMH (Louis Vuitton, Moët Hennessy), numéro un mondial du luxe. En 1989 la direction artistique est confiée à Gianfranco Ferre. John Galliano lui succède en 1995 et redonne un côté jeune et sexy à la marque. "M. Bernard Arnault[20], Président Directeur Général de LVMH, a déclaré : « LVMH a fait preuve en 2009 d’une résistance exceptionnelle : les Parfums Christian Dior continuent de bénéficier en 2009 de la vitalité exceptionnelle du parfum J’Adore. Les performances de Miss Dior Chérie et d’Eau Sauvage ont fortement contribué à accroître les parts de marché de Dior" (Euronext.com / 04/02/2010)[21].

 

  • Quand Dior choisit Natalie Portman, l'événement ne peut-être que planétaire.

" Dior a choisi l'actrice américaine Nathalie Portman pour être le visage de sa prochaine campagne pour sa fragrance Miss Dior Chérie" (La Provence / 22/02/2011)

" Dior a choisi l'actrice américaine Nathalie Portman pour être le visage de sa prochaine campagne pour sa fragrance Miss Dior Chérie (La Dépêche / 22/02/2011)

"Galliano a choisi Natalie Portman pour être le nouveau visage de la campagne publicitaire de Miss Dior Chérie. Les deux protagonistes se sont affichés ensemble mercredi dernier à l’occasion de la réouverture du magasin Dior à NYC sur la 57ème avenue" (sos-beauté / 13/12/2010) – "D’une beauté élégante, délicate et raffinée, Natalie Portman est une jeune femme brillante et engagée, à la forte personnalité. Actrice de talent à la renommée internationale, elle incarne au plus juste la nouvelle Miss Dior Chérie" (parfum-femme-prime-beauté.com / 15/02/2011) - " D'ordinaire plus encline à s'engager pour des causes humanitaires qu'à prêter ses traits aux griffes de luxe, Natalie Portman a néanmoins fini par succomber aux sollicitations du groupe LVMH" (tendances-de-mode   / 28/07/2010). - "Nathalie Portman est une des plus belles femmes de la planète. C'est donc tout naturellement sur elle que la maison française a jeté son dévolu pour représenter la marque du parfum Miss Dior Chérie" (Excite.fr / 22/02/2011).

"Natalie Portman  a réussi à convaincre la grande marque de luxe française de la soutenir dans les nombreuses causes qu’elle défend : "J'ai toujours eu une aversion pour les choses de la vente. Et puis, j'ai réalisé qu'il pourrait y avoir une marque que je serais fière de représenter et qui soutiendrait les choses auxquelles je crois. C'est fantastique de représenter une marque élégante prête à travailler de manière non lucrative sur certains projets." (entrevue.fr / 13/01/2011)
La sortie de la vidéo a été l'occasion d'une pré-campagne "d'information" sur Internet :

" Une vidéo réalisée par Sofia Coppola vient d'être dévoilée sur le web. Nathalie Portman y apparaît envoûtante et tente de faire succomber son compagnon"  (Excite.fr / 22/02/2011)

L'actrice est bien présente dans l'univers de la mode : "Natalie Portman surprend par une féminité simple et délicate. Un style qui a su séduire les grandes maisons comme Dior qui vient d'en faire sa nouvelle égérie beauté, dans un court-métrage réalisé par Sofia Coppola. Adeptes des grandes maisons françaises comme Lanvin ou Givenchy, elle est aussi devenue la muse de jeunes créatrices à succès comme les sœurs Mulleavy de Rodarte" (A.S. Mallard / Vogue[22]) –

 

9.2.2.     Une autre carrière, au confluent de la publicité et du cinéma.

"C’est l’équipe du tournage de la nouvelle campagne du parfum Miss Dior Chérie qui a investi Paris et plus particulièrement le parc Monceau. C’est devant la caméra de Sofia Coppola que la nouvelle égérie, Nathalie Portman a embrassé Alden Ehrenreich (Tetro – un film de Coppola père et bientôt dans Somewhere, prochain film de Coppola fille). La bande son est signée Serge Gainsbourg dont on fête les vingt ans de la disparition" (Cosmetosphère / 10/08/2010).

" Une série de publicités filmées par Sofia Coppola sera dévoilée en mars" (La Dépêche / 14/12/2010) - "Pour le nouveau spot Miss Dior Chérie, c'est toujours Sofia Coppola qui est aux commandes" (Leparisien.fr) - " Natalie Portman appartient désormais au clan des actrices-égéries pour un parfum. Pour Miss Dior Chérie, réalisé par Sofia Coppola à Paris, elle se veut gentiment vénéneuse" (V. Pétry / L'express.fr) - " Alors qu'elle rafle tout à Hollywood, la future maman apparaît désormais dans une publicité pour le parfum de Dior, Miss Dior Chérie. Cette publicité réalisée par Sofia Coppola. Comme à son habitude, Natalie Portman y est belle et très classe et le résultat est au-delà de nos espérances (Staragora.com / 23/02/2011) - " Dior s'est offert un duo féminin de charme puisque la marque a confié la réalisation de son spot publicitaire à la talentueuse Sofia Coppola" (La Dépêche / 22/02/2011) - " Dans un coin des immenses Studios Pier 59, à New York, Mademoiselle Portman reçoit une poignée de journalistes venus du monde entier pour la découvrir dans son dernier rôle, celui d'égérie pour le parfum Miss Dior Chérie" (G. Crouzet / L'Express.fr). - "Sofia Coppola  re-signe pour un nouveau spot pour la maison Dior. Cette fois, face à sa caméra, c’est le doux visage de Natalie Portman que la réalisatrice américaine immortalisera. L’actrice américaine, à la filmographie plus qu’impressionnante, a été choisie pour représenter une nouvelle fragrance" (K. Moussou / Elle.fr / 23/07/2010).

 « C’était sublime de tourner au parc Monceau avec Sofia, » raconte Natalie Portman" (V. Mouzat / Madame.lefigaro) – "Le 21 juillet dernier, les promeneurs du parc Monceau purent ainsi assister au tournage du spot publicitaire de Miss Dior Chérie, y découvrant une Natalie Portman offrant son meilleur profil à la caméra de Sofia Coppola. A en juger par l'exigence dont fait preuve l'actrice dans son métier, on peut penser que le prochain opus de Miss Dior Chérie vaudra sûrement le détour" (tendances-de-mode / 28/07/2010). - "Lorsqu’on découvre la publicité pour la première fois, l’adjectif «gracieuse» vient spontanément. Pourtant l’actrice dévoile son intimité. La poitrine nue, délicatement cachée par son bras, la jeune femme est sensuelle tout en étant pudique" (Paris-Match / 13/01/2011) -

[Auparavant, Natalie Portman avait prêté sa plastique avantageuse à une marque de shampoing, dans une pub japonaise musclée où ses cheveux brillent autant que l'épée qu'elle manie avec brio].

 

Où l’on découvre que le monde du cinéma et celui de la publicité pourraient entretenir de troublantes relations… : « Ici également, il existe des liens « subliminaux » mais explicites entre l’activité publicitaire commerciale et l’Art cinématographique : « La campagne publicitaire réalisée par Sofia Coppola mettrait en scène une Natalie Portman « charismatique et élégante » d’après Claude Martinez, le PDG de Parfums Christian Dior. Aucune information n’a été révélée sur le thème du shooting, mais la brune énigmatique aurait déclaré: « Le spot TV Dior dévoile également d’un coup, un cygne blanc. C’est de la publicité subliminale pour mon film » une référence à son dernier rôle dans Black Swan, qui sortira en France le 9 février 2011, soit quelques semaines avant le spot signé Dior » (freakybohochic.com / 19/12/2010)

 

9.2.3.     Un engagement publicitaire sincère (autant qu’inattendu) de la star que la maison Dior a accepté de payer au prix fort.

" C'est l'une des plus grosses prises dans le monde du luxe : l'actrice américaine, qui n'avait jamais représenté de produits de beauté, a accepté de devenir l'égérie du parfum "Miss Dior Chérie". Elle vient de signer son contrat pour une campagne diffusée à la télévision dès l'an prochain. Dans cet univers de luxe et de volupté, on n'aime pas beaucoup parler d'argent. D'après plusieurs agents, Dior aurait fait un chèque d'au moins 15 millions d'euros pour s'offrir l'une des actrices les plus demandées par les maisons de couture. Le contrat de Natalie Portman avec Dior va durer jusqu'en 2013" (S.L. Cohen / radiobfm.com). - " Un contrat énorme. Un contrat en or. « Pour trois ans », affirme-t-on chez Dior. Digne des plus gros transferts du football. Le chiffre scotchant de 28 millions – vrai ? faux ? – laisse rêveur. Dollars ou euros ? À ce stade, peu importe. Personne ne confirme. Ni n’infirme. Elle aurait échappé à Armani et à d’autres. En avril dernier, dans les bureaux de Brillstein Entertainement Partners, agents surpuissants à Hollywood, elle a tout simplement dit oui à Dior, l’air de rien, dans un trench, pas coiffée, ni maquillée ni parfumée. Elle a quitté la pièce et laissé les parties en présence se débrouiller avec le côté technique… et financier" (V. Mouzat / Madame.lefigaro)[23].

Natalie Portman s'investit pour la marque : " Les demoiselles les plus stylées ont redoublé d'audace à l'occasion de la réouverture de la boutique Dior dans la prestigieuse LVMH Tower mercredi à New York. Natalie Portman, nouvelle égérie pour Miss Dior Chérie marque aussi les esprits avec une tenue ravissante signée Christian Dior évidemment. Grâce à un joli jeu de volumes apporté par les petits volants, Natalie s'offre encore une fois un véritable succès en misant sur une silhouette de la maison française (M. Bresson-Mignot / Puretrend.com).

9.3.  Certains choix de vie de la star interrogent les ménagères de moins de cinquante ans

 

9.3.1.     Natalie Portman refuse de porter du cuir

« Natalie Portman a lancé une collection de chaussures vegan[24] réalisées par la marque Te Casan et Kate Young, styliste de l’actrice. Cette collection comporte 20 paires, garanties sans utilisation d’animaux pour les confectionner. Chaque paire coûte 200 dollars. Les chaussures seront mises en vente en février 2011, et tous les bénéfices seront reversés à une association de protection de l’environnement » (lessentielgaia.forumactif.com / 18/01/2011) - "Natalie est en effet une végétarienne (et parfois végétalienne !) convaincue qui ne porte ni cuir, ni fourrure, que cela soit sur le tapis rouge ou dans sa vie quotidienne. En 2008, elle a également lancé sa ligne de "vegan shoes" (Teva.fr / 09/02/2011) – "Natalie Portman, nouvelle égérie de Miss Dior Chérie est ravie que Dior lui propose des chaussures « vegan » c’est à dire  qui n’utilise aucun animal" (Mode.vogue / 01/08/2011) -

 

9.3.2.     Natalie Portman est végétalienne

"Natalie Portman vient aussi d’annoncer sa grossesse publiquement, ce qui est une grande avancée pour notre cause, car le végétalisme[25] est souvent décrié et considéré comme dangereux, notamment pour les enfants et les femmes enceintes" (E. de Brouwer / site Lastveganparano[26]). C’est après avoir lu le livre de Jonathan Safran Foer « Eating animals » qu’elle a pris cette décision.

 

9.3.3.     Artiste engagée, (subversive ?) Natalie Portman collabore avec l'artiste Francesco Vezzoli[27] pour questionner la société de consommation : en 2009, elle participe à une vraie publicité pour un parfum imaginaire (devant la caméra de Roman Polanski !).

 

"Natalie Portman et Michelle Williams se disputent et se roulent par terre, dans une fausse pub réalisée par le grand Roman Polanski. La raison du litige ? Un parfum, au doux nom de Greed ("avidité", "gourmandise"), que Natalie refuse de prêter à sa copine. L’artiste italien Francesco Vezzoli a créé la fausse fragrance et a produit le spot publicitaire. Histoire de parodier la stratégie et l’esthétique publicitaires, dont on ne peut échapper à chaque lancement d’un parfum... L’amusante pub de Greed, d’une durée d’une minute, est présentée du 5 février au 21 mars à la Gagosian Gallery de Rome. Cette fausse publicité est également visible sur Internet" (Les Inrocks / 11/02/2009) [28] – "L'artiste italien a choisi Natalie Portman et Michelle Williams car elles font partie selon lui de la « A-list celebrities », la liste des meilleures célébrités dans leur catégorie. Qui plus est, ni l'une ni l'autre n'avaient jamais réalisé de pub parfum auparavant" (N. Vandevelde / Levifweekend.be)[29].

 

 

9.4.  Une militante tiers-mondiste et écologiste sincère

"Chez moi, je me promène sans maquillage, en chaussons

et jogging informe. Comme tout le monde". 

Natalie Portman (L'Express.fr)

 

9.4.1.     Une bague  de fiançailles "éthique"

"Benjamin Millepied a offert à sa fiancée une bague faite de platine recyclé, au centre de la facette se trouve un diamant; les pierres plus petites qui l'entourent sont extraites des mines dans des pays sans conflits militaires (Natalie Portman veut éviter toute compromission avec les trafics qui financent les ventes d'armes)". (Shootmemore.com / 01/02/ 2011)[30]. – "L'anneau éblouit tant par ses diamants que par son raffinement" (Parismatch.com / 08/01/2011).

 

9.4.2.     La lutte contre la pauvreté au Kénya

"Natalie Portman a décidé de s'engager dans la lutte contre la pauvreté. La belle brune vient en effet de lancer le concours "The Power of a Girl", en association avec "Free The Children". Objectif : promouvoir et développer l'éducation des petites filles dans les pays les plus pauvres. Et pour cela l'actrice a eu une idée de génie : mettre à contribution les jeunes anglais, canadiens et américains entre 13 et 21 ans pour récolter le plus d'argent possible. Les jeunes ont jusqu'au 1er mai pour trouver le plus de fonds possible. Avec cet argent, ils aideront les élèves de Kisaruni, l'une des deux écoles de filles du Kenya. Un mois plus tard, celui qui aura permis à "Free The Children" d'amasser le plus d'argent sera récompensé en se voyant offrir un voyage au Kenya, mais aussi la robe que portait l'actrice lors de l'avant première de Black Swan. Comme quoi, paillettes et générosité peuvent parfois faire bon ménage" (J. Migaud-Muller / Plurielles.fr).

 

9.4.3.     Militante active de la Finca (Foundation for International Community Assistance)

"Depuis 2003, elle est une militante active de la Finca (Foundation for International Community Assistance), association à but non lucratif qui développe le micro crédit, sorte de banque mondiale pour les pauvres, permettant aux personnes "non pas d'être assistées, dit-elle, mais de se prendre elles-mêmes en main, de construire leur avenir". Nommée "ambassadrice de l'espoir" au sein de cette organisation où elle s'est engagée dès la fin de ses études de psychologie à Harvard, l'actrice confie avoir trouvé là "de quoi donner une véritable utilité à sa notoriété" (G. Crouzet / L'Express.fr)

"Si je me suis laissé convaincre, ce qui n'a pas manqué de surprendre certains de mes amis dans un premier temps, c'est que Dior voulait vraiment s'impliquer dans la cause humanitaire que je soutiens, celle du micro crédit pour les femmes. Ils avaient déjà financé une soirée caritative pour lever des fonds, mais aujourd'hui Delphine Arnault et LVMH ont l'intention d'aller beaucoup plus loin dans cet engagement. Nous avons en commun un projet pour la scolarisation des jeunes filles démunies (…) Aller dans ces pays, rencontrer ces femmes, m'asseoir et parler avec elles sont devenus des moments incroyablement précieux dans ma vie. Il y a une véritable joie à partager. Essayez! Il n'y a rien de tel pour rendre votre journée meilleure...  " (Natalie Portman, entretien / L'Express.fr) – " En tête à tête, elle dévoile qu’elle a négocié dans le contrat Dior une participation à une action humanitaire favorisant le micro crédit pour les femmes dans les pays défavorisés. Too sweet pour être vrai ?" (V. Mouzat / Madamelefigaro) –

" Dior représente pour moi l’élégance ultime, le chic parisien. Mais, avant de m’engager, j’ai longuement réfléchi. Je n’aurais pas pu signer un contrat avec une marque dont je ne partage pas les valeurs. J’ai donc enquêté sur la façon dont Dior cultive ses fleurs, sans détruire au passage l’écosystème local, et sur son engagement humanitaire. Et, puisque je ne porte ni cuir ni fourrure, la maison de couture a même dessiné, exprès pour moi, des chaussures en cuir végétal, que je porte en ce moment d’ailleurs… Je me sens donc complètement en accord avec moi-même. Nous avons déjà mené ensemble un projet Finca (organisation de micro crédit pour les plus pauvres). Pour moi, c’est très important. C’est une des causes que je défends depuis longtemps". (Natalie Portman, entretien / Elle / 10/02/2011) -

 

 

9.4.4.     Militante écologiste (protectrice des animaux) en Tanzanie

Elle s'est vue décerner un prix humanitaire, le "Movie for Humanity Award" en reconnaissance de sa dévotion à des programmes sociaux et à la protection de l'environnement. L'actrice a fait don des 50 000 $ à l'institut Jane Goodall, qui protège les chimpanzés en Tanzanie (Marie-Claire).

 

 

 

9.5.  Qui es-tu vraiment Natalie, ange ou démon ?

 

  • " Natalie Portman est le visage du prochain parfum Dior. L’actrice qui s’était refusée d’apparaître sur une publicité par conviction, pose les seins nus pour la fragrance «Miss Dior Chérie» (M. Decremps / Parismatch.com) - "pour Miss Dior Chérie, Natalie Portman se transforme en jeune femme espiègle et apparaît topless, avec un simple noeud dans les cheveux" (Purepeople / 08/01/2011)
  • "Interviewée par le journal The Sun, Natalie Portman a fait une sacrée révélation sur sa partenaire dans le film Deux sœurs pour un roi, Scarlett Johansson. La jolie Natalie confesse en effet avoir flashé sur la poitrine de sa collègue ! «Pendant le tournage du film, j’avais sans cesse envie de toucher les seins sublimes de Scarlett !». Une confession étonnante de la part de la jeune actrice, habituellement très sage et réservée ! (Auféminin.com / 28/02/2008).

·        "Aucun tabloïd n’a jamais pris en défaut cette miniature délicate. Comme elle le confirmera maintes fois pendant la session de « Q & A » (questions and answers_) avec les journalistes, Natalie est attachée aux valeurs familiales, à une stabilité affective, etc." (V. Mouzat / Madame.lefigaro)

  • « Confessions choc pour l'actrice Natalie Portman qui fait la couverture du Marie-Claire américain du mois de janvier. Et oui derrière ce visage angélique se cache une fille qui n'a pas toujours été très clean. , Natalie Portman surprend avec l'interview qu'elle a accordée au magazine. Elle déclare : O.K ! j'ai fumé de l'herbe, c'était quand j'avais dans les 20 ans, quand j’ai intégré la prestigieuse université d’Harvard » (People.première / 03/12/2009)
  • Menant une vie discrète exempte de frasques, de déclarations choc ou de passages au poste, Natalie Portman est aujourd'hui l'une des rares actrices dont l'image n'est pas galvaudée (Tendances-de-mode / 28/07/2010).
  • " le clip «Miss Dior Chérie » devient vraiment intéressant quand la révélation de Léon s’adonne à des jeux érotiques avec son charmant partenaire et dévoile subtilement sa séduisante anatomie. Un délice!" (RTL / 23/02/2011)
  • " Natalie Portman révèle que plusieurs rushes du film se sont avérés particulièrement pénibles à tourner. Parmi ceux-là, la ballerine qu’elle incarne voit sa mère la surprendre en pleine séance de masturbation. Elle confie sa gêne à MTV : « C’était dégoûtant. J'étais aussi embarrassée au moment de l'enregistrement que lorsque j'ai regardé le film avec mes parents assis à côté de moi. » (Entrevue.fr / 02/12/2010).
  • "Au sujet de sa scène lesbienne avec Mila Kunis,  Natalie Portman s'est expliquée dans le magazine V : " Ce n'est pas lascif, c'est extrême !" Son père n'apprécie pas…
    Un proche avait confié au Daily Star: "Natalie est une personne très secrète et très digne. Elle est souvent influencée par son père dont elle cherche l'approbation. Ceci dit, elle ne pouvait tout simplement pas laisser passer ce rôle même si elle savait qu'il serait bouleversé.. Il pense que se montrer comme ça est dégradant. L'ambiance est glaciale entre eux pour le moment." (dontmiss.fr / 18/11/2010).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10.Mesure (avant la cérémonie des Oscars 2011) du « poids » des différentes facettes médiatiques de Natalie Portman (et des éléments du film Black Swan) sur la Toile. Voici les réponses fournies par un moteur de recherche (25/02/2011) :

 

« Natalie Portman pregnant[31] » : 49,8 millions de réponses

« Black swan » : 44 millions de réponses

« Natalie Portman » : 25 millions de réponses

« Natalie Portman movies[32] » : 21 millions de réponses

« Nathalie Portman Fashion[33] » : 18,1 millions de réponses

« Natalie Portman Oscar » : 16,2 millions de réponses

« Mila Kunis (Lily, la ballerine rivale[34])» : 12,9 millions de réponses

« Natalie Portman make-up[35] » : 10,5 millions de réponses

« Natalie Portman Black Swan » : 8,5 millions de réponses

« Natalie Portman Dior » : 7,8 millions de réponses

« Darren Aronofsky (le réalisateur du film) » : 3,3 millions de réponses

« Natalie Portman dress[36] » : 3,3 millions de réponses

« Natalie Portman Kenya » : 3 millions de réponses

« Natalie Portman engaged[37] » : 2,8 millions de réponses

« Vincent Cassel (dans le film, il incarne le chorégraphe)» : 2,3 millions de réponses

« Natalie Portman Vogue » : 1,6 millions de réponses

« Natalie Portman Star Wars[38] » : 1,5 millions de réponses

« Natalie Portman Tanzanie » : 1 million de réponses

« Natalie Portman sex scène » : 1 million de réponses

« Natalie Portman Benjamin Millepied » : 900 000 réponses

« Benjamin Millepied (danseur et chorégraphe, fiancé de l'actrice)» : 900 000 réponses

« Natalie Portman Harvard » : 700 000 réponses

« Natalie Portman vegan » : 542 000 réponses

« Natalie Portman Sofia Coppola » : 505 000 réponses

« Natalie Portman Rwanda » : 150 000 réponses

 

Quelques éléments d’analyse :

  • Aujourd’hui, c’est bien l’aspect « people » (plus précisément sa maternité) qui fait de Natalie Portman un sujet d’intérêt pour les internautes.
  • Elle est incontestablement une actrice reconnue, et son travail de comédienne devrait être récompensé, selon les internautes par l’attribution d’un Oscar.
  • Mila Kunis suscite un spectaculaire mouvement de curiosité.
  • Les éléments masculins (Aronofsky, Cassel, Millepied) ne peuvent rivaliser en notoriété médiatique avec les deux actrices.
  • Benjamin Millepied (pourtant danseur et chorégraphe d’une troupe prestigieuse) doit sa notoriété médiatique nouvelle à ses fiançailles avec Natalie Portman.
  • Les activités de l’actrice dans le secteur de la mode suscitent un bien plus grand intérêt que son militantisme écologique ou humanitaire.

 

 

 

 

11.Quelques éléments d’analyse du film

 

11.1.                Ce que le film révèle du malaise de nos civilisations occidentales en crise

 

Le film décrit une société américaine basée sur la compétition et l'exploitation de la jeunesse. Performante, talentueuse, volontaire, la classe moyenne (représentée par Nina, le personnage principal) s’est hissée au niveau de l’excellence. Mais le pouvoir est entre les mains de personnages puissants qui pervertissent les valeurs positives du Libéralisme. Elément étranger et trouble, le chorégraphe français va imposer de nouveaux « challenges » léonins qui ne constituent qu’une négation des valeurs fondatrices de la civilisation américaine (la douce Nina va devoir découvrir – dans la réalité ou dans ses fantasmes - le monde des boîtes de nuit, la drogue, la masturbation, les amours lesbiennes). Certes, elle va triompher professionnellement et permettre la reconnaissance des valeurs de son mentor, mais elle va le payer chèrement, puisqu’elle meurt sur scène au terme de sa prestation triomphale.

L’Art n’est plus en lien avec le peuple; il constitue un enjeu (un « divertissement cruel » ?) pour les mécènes et les puissances d’argent; Les sponsors et les financeurs organisent ce véritable « jeu de massacre » impitoyable qui voit la marginalisation définitive des personnages qui ne peuvent plus participer à la compétition (Erica, la mère de Nina, Beth, l’ex danseuse étoile). Emportée par un Libéralisme que rien ne vient réguler, l’Amérique s’est engagée dans une course sans objectifs visibles, qui brise sa classe moyenne et broie ses meilleurs éléments. La caissière ou le maçon qui verront le film seront certainement sensibles à la manière dont sont évoquées les souffrances physiques au travail. Alors que les actionnaires ont toutes les raisons de se réjouir, les salariés soumis à des demandes de productivité de plus en plus fortes partageront cette cruelle vision du monde, noire, pessimiste, sans amélioration prévisible à court ou à moyen terme. En 2010, des USA à l’Europe, le moral des exclus du monde occidental capitaliste est bel et bien en berne…

 

11.2.                « Cygne de croix » ?

 

Tel est le titre donné par Laurence Halloche à sa critique du film parue dans Le Figaro Magazine (05/02/2011). Arrêtons-nous un instant sur ce choix qui joue avec les racines judéo-chrétiennes de nos civilisations occidentales. Le parcours de Nina présente d’incontestables similitudes avec le parcours christique. Elle va souffrir dans son corps (privations alimentaires, fatigue, blessures), manquer perdre l’esprit (hallucinations) et être tentée par les « forces du Mal » (le chorégraphe, Lily sa rivale). Un véritable calvaire ! De nombreux critiques ont interprété son « envol » final comme un mouvement ascendant, alors que la pauvre danseuse chute (certes au ralenti) vers le matelas qui la réceptionne en toute sécurité. Sa « mission » (offrir aux riches spectateurs venus l’applaudir un spectacle de danse magistral) est un succès, mais elle paye son engagement total au prix fort : Nina perd la vie, et le film n’ouvre la porte à aucune perspective de résurrection… On peut constater que Black Swan s’inscrit dans la morale conservatrice traditionnelle américaine à connotation religieuse : les tentatives d’émancipation et de contestation de l’ordre établi (circonstance aggravante, le « corrupteur » est français !) ne peuvent que mener à des pertes d'identité, voire à un "No futur" tragique.

Et pourtant le Paradis existe bel et bien, mais il n’est pas « de ce monde » (à savoir le monde de la fiction cinématographique). Pour la critique très sensible à l’environnement médiatique du film, la disparition de Nina sera occultée par son interprète, Natalie Portman, dont les réussites fulgurantes (dans sa carrière, comme dans sa vie sentimentale) vont adoucir, relativiser, distancier la fin émouvante de son personnage de danseuse.

Et si Black Swan n’était au fond qu’un film matois d'apparence puritaine, une mystification dont la seule ambition machiavélique serait de susciter des réactions outrées chez les spectateurs, afin de créer artificiellement un environnement scandaleux, un malaise (susceptible paradoxalement d’apporter la reconnaissance des Oscars ...) ? Le très jésuite Darren Aronofsky a signé avec cette réalisation sans beauté et sans pensée la première "homélie sexe / trash" située dans l'univers de la danse classique (succès oblige, le premier maillon d'une nouvelle série de productions : "Giselle valse avec les zombies" ou un troublant et décalé "Petrouchka rencontre un Frankenstein en tutu" ?...).

 

 

12.Rattrapé par l’actualité (02/03/2011) !

Cet article a été écrit avant la cérémonie des Oscars qui a permis à Natalie Portman de gagner le trophée de la meilleure actrice. Mais cet évènement « cinématographico-people » a été contrarié par des faits bien plus graves dont ont été victimes les employeurs de la star (le groupe français LVMH et son fleuron Dior) à travers les faits divers qui ont révélé les tendances antisémites (violentes et fortement alcoolisés) du directeur artistique de la maison Dior, à savoir John Galliano (ce dernier, ivre, clame son amour pour Hitler dans une vidéo amateur qui circule abondamment sur le Net…). La colère de Natalie Portman (qui, dans un communiqué, se déclare « profondément choquée et dégoûtée »), l’incite immédiatement à menacer de rompre son contrat avec la marque française. A quelques heures du début de la campagne « Miss Dior Chérie », LVMH (qui dénonce le comportement et les propos « odieux » du couturier, en totale contradiction avec les valeurs essentielles de la griffe) suspend John Galliano de ses fonctions et annonce qu’elle souhaite le licencier. Prochains épisodes, dans les bonnes feuilles de nos journaux (mais à quelle page ? « Faits divers » ? « Judiciaire » ? « Économique » ? « Médias » ? « People » ? « Cinéma » ou "Politico satirique[39]" ?).

 

 

Conclusion

"L'art est un des lieux par excellence de la dénégation du monde social"

Pierre Bourdieu[40]

 

C’est un évènement important dans l’histoire de la critique cinématographique : aujourd’hui, critiques « populaires » (Première) et critiques « distingués » (Les Cahiers du Cinéma ou Positif) se rejoignent pour clamer une admiration commune à propos des mêmes films. Au fil des années, le panthéon des réalisateurs « qui comptent pour la critique » se diversifie : Quentin Tarantino, « pape » de la nouvelle modernité « violente, branchée et rock’n’roll », mais aussi David Fincher, Sofia Coppola ou Wes Anderson. Voici maintenant que Darren Aronofsky les rejoint et  « rentre définitivement dans la cour des grands[41] ».

Nous savons bien aujourd’hui que l’évolution technologique numérique en cours « tire » le cinéma vers la fête foraine et le parc d’attraction : le son étant désormais "décoiffant", et les lunettes « 3D » parfaitement au point, l’industrie cinématographique hollywoodienne a reçu une nouvelle mission : fournir aux salles de cinéma des produits standardisés, bruyants et dynamiques, qui suscitent l’intérêt d’un public jeune avide de sensations nouvelles. La télévision quant à elle, propose des nouvelles séries qui se donnent pour objectif de « ringardiser » le spectacle cinématographique (d’où le constat sans appel établi par Télérama, revue culturelle hyper-légitime : « Un tabou est tombé. Les séries longtemps décriées séduisent désormais les cinéphiles, les chercheurs et surtout de grands cinéastes. Et si la télévision était devenue le lieu privilégié de la création ? »[42]). L’analyse de ces séries américaines (souvent basées sur la banalisation du sexe et de la violence) permettrait certainement de nuancer l’enthousiasme  de ces jugements si « modernes » et définitifs…

Mais il est vrai que le cinéma actuel, pris en tenaille par ces mutations technologiques et esthétiques, est à la peine, malgré la quantité de films produits et présentés au public (une quinzaine chaque semaine). Incontestablement, notre goût, nos systèmes de valeurs ont évolué. L'Art a de plus en plus de mal à nous relier au passé et à l'avenir. Le marché a un besoin impérieux de susciter la consommation de nouveaux produits, qu’il conviendra bientôt de jeter pour acquérir sans tarder les nouvelles valeurs qui nous intégreront dans la communauté des "citoyens branchés et numériques», des "geeks" (ces "digital native" dont la maxime pourrait être "Je twitte donc je suis !").

Sans doute, analysant les nouveaux choix esthétiques de la critique « savante » pourrions-nous évoquer – en l’actualisant -  une possible nouvelle « trahison des clercs »[43]. Pourtant, la mission de ces "gardiens du temple cinématographique" reste fondatrice : l’écume de l’actualité artistico commerciale ne doit en aucun cas occulter l’histoire du cinéma ! Comment pourrions-nous juger vraiment Black Swan sans évoquer  Chantons sous la pluie  ou  Un américain à Paris, comment pourrions-nous apprécier le talent de danseuse de Natalie Portman, si nous n'avons plus en mémoire les prestations cinématographiques magiques d’Eléanor Powell, Debby Reynolds ou Cyd Charisse ?

La comparaison peut sembler hardie, mais c’est au fond le même système économique devenu fou qui met sur le marché des lave-vaisselle d’une durée de vie d’environ sept ans (alors que les progrès technologiques autoriseraient une durée de vie d’au moins vingt ans), et qui, tout esprit critique abandonné, présente comme « chef d’œuvre indépassable » des films / produits/ évènements dont la durée d’existence dans les mémoires est programmée pour être la plus réduite possible (sortie en salle, couverture du magazine "people" ou cinéma, achat des lunettes "3D", achat du Home cinéma, achat du DVD collector, achat du lecteur / enregistreur Blu-Ray, achat de la télévision en relief, achat du réfrigérateur avec écran plat, etc.…).

Dans cette évolution sans fin qui n'est pas sans rappeler une tendance décomplexée à la « commercialisation du temps de cerveau disponible », la critique de cinéma « légitime » actuelle  ne doit pas renoncer à ses responsabilités (Nous devrions pouvoir lire des critiques indépendants et visionnaires, comme le furent en leur temps André Bazin[44], Jean Louis Bory[45] ou Serge Daney[46] ). Le danger est grand de voir l'art cinématographique intégré et recyclé par la société du spectacle, comme c'est déjà le cas avec le football[47]… ou la politique !

En effet, et ce n’est pas une surprise pour les observateurs attentifs, cet affaiblissement avéré de l’esprit critique dans le domaine de l’Art, ces bouleversements technologiques et sociétaux d’une grande rapidité, cette crise économique d'une rare gravité s'accompagnent aussi, dans nos sociétés ultralibérales enténébrées, d’un brouillage inquiétant des repères idéologiques : est-il surprenant de voir le Front national se transformer aujourd'hui si facilement, par la magie des sondages[48] et l’amplification des médias complaisants, en parti « sérieux et fréquentable » ("Le programme du Front national n'est plus ultra-libéral mais à la fois national et socialiste, et c'est en cela qu'il séduit l'électorat populaire"[49] / "On ne dit plus Le Pen, mais Marine. Ce n’est plus le Front national, mais le Front. Le discours n’est plus sulfureux, mais populaire et décomplexé, car les digues ont cédé dans le débat public. Marine Le Pen, c’est même le portrait de la semaine dans ELLE (…) La crise économique, les écarts de revenus invraisemblables, le déclassement vécu par les travailleurs pauvres et une partie des classes moyennes, la montée des violences aux personnes, la rétrogradation de la France dans le concert des nations : toutes ces humiliations, ces douleurs, ces colères finissent par former un puissant courant. Beaucoup de Français se sentent assiégés, menacés dans leur travail, dans leur sécurité, dans leur identité."[50]).

Crise des valeurs, jeunesse inquiète[51], hégémonie d'un capitalisme sans contrôle, montée des égoïsmes, vulgarité généralisée érigée en norme de bon goût… En France (comme aux Etats-Unis) mauvais cygne, mauvais signes !…

 

 

 

Gérard Hernandez

Lauréat de la certification « Cinéma-Audiovisuel »   -   Article rédigé avec la documentation de l’espace « Images Histoire »  de la Médiathèque Jacques Ellul de Pessac (33). Mars 2011.

 

 

 

A N N E X E S

 

 

ANNEXE I : la 36ième cérémonie des Césars 2011

 

Autre « point de fusion » (ici hexagonal) illustrant la nouvelle « culture » médiatique contemporaine : la 36ième cérémonie des Césars 2011, (qui s’est déroulée au théâtre du Châtelet à Paris en présence du Ministre de la Culture, M. Frédéric Mitterrand) illustre l’évolution des valeurs artistiques et le triomphe de l’esprit « potache » (l’espiègle animateur de la soirée a rappelé au Ministre de la Culture que ce dernier, au début des années quatre-vingt, s’était balancé sur un trapèze, dans une boite de nuit parisienne « branchée » au-dessus des danseurs, habillé… en Lana Turner ! (Il n’a pas été précisé si celui qui allait occuper aujourd’hui cette prestigieuse fonction ministérielle se rendait déjà en Asie – comme il le raconte lui-même dans son livre « La Mauvaise Vie » - pour bénéficier de relations sexuelles tarifées avec des « éphèbes »…[52]). Le Ministre de la République appartenant à un gouvernement conservateur a souri : il n’y avait là aucune attaque, ni contre la politique qu’il mène, ni contre sa personne… Nous étions bien au cours de cette soirée entre… « Gens du monde » !

Descendus spécialement du Paradis des cinéastes, les esprits de Georges Méliès, Robert Bresson, Jean Renoir, Maurice Pialat, Marcel Carné, Eric Rohmer et quelques autres s’étaient installés confortablement au-dessus des cimaises du théâtre. Le programme de la soirée comportant un hommage du cinéma Français à un grand réalisateur américain, c’est tout naturellement que les ombres de John Ford, Stanley Kubrick, Elia Kazan et Franck Capra avaient rejoint leurs homologues hexagonaux. Ces fantômes prestigieux étaient maintenant impatients. La cérémonie annuelle de l’intelligence, du bien-dire et de l’art cinématographique pouvait donc commencer…

 

ü      L’hommage du cinéma français au cinéaste américain Quentin Tarantino : l’inoubliable réalisateur de l’affligeant « Boulevard de la mort »[53] a reçu, devant un parterre d’invités en smoking et robe de soirée, un César d’honneur « pour l’ensemble de sa carrière ».

L’Académie des Césars tenait cette année à rendre hommage au réalisateur Quentin Tarantino (grand cinéphile né en 1963), amateur de scènes de violence et parfois de torture, présent dans la salle : « Plus que ravi d'avoir cet hôte de prestige dans le public, Antoine de Caunes, le maître de cérémonie de la soirée n'a pas arrêté de faire des clins d'oeil à Tarantino, entre deux vannes sur la politique. Et c'est ainsi qu'il a vanté les mérites de la France, pays de la liberté d'expression où il fait bon dire "fuck"[54] sans risquer de se faire tomber dessus par le CSA. S'en suit une tirade d'Antoine de Caunes, en anglais s'il vous plaît, où les "fuck", "fucking" et "motherfucking[55]" s'enchaînent avec entrain, pour le plus grand plaisir de Quentin Tarantino qui n'en demandait pas tant »[56]. L’animateur conclut son compliment en précisant qu’en France, le mot « fuck » n’a pas la même signification. On l’utilise pour « phoque ». Vous connaissez les « phoques » ? Aussi je suis heureux de vous offrir, de la part de l’Académie, un gros « fucking phoque » [un phoque est amené sur scène. Antoine de Caunes offre à l’animal un poisson alors que la salle éclate de rire et applaudit]. Ne vous inquiétez pas, le phoque sera livré dans votre chambre après la cérémonie. Elle s’appelle Uma[57] [Tonnerre d’applaudissements complices dans la salle]».

ü      « Glamour, humour et politiquement incorrect ont donc rythmé cette grand messe du cinéma, qui nous laisse sur un sentiment de fraîcheur et de liberté » (site auféminin.com)

 

« Nous retiendrons de la cérémonie des Césars 2011 le show désopilant de Sara Forestier (née en 1986) fraîchement récompensée (Prix de la meilleure actrice) pour Le nom des gens[58] : "Dans ce film, je joue une pute politique. Quand j'ai joué le rôle, je n'y connaissais rien en politique... et j'étais vierge !". Recevant son César, elle a déclaré au public : « Je n’ai rien préparé, j’ai juste mis ma culotte porte-bonheur ! ».[59]

 

ü      M. Lionel Jospin a également assisté à la cérémonie des Césars… (ou le désormais naturel mélange de la politique, du cinéma et du « People »).

 

Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste et candidat à la présidentielle de 2002, était présent dans la salle. Homme politique de premier plan avant son retrait de la vie politique en 2002, il a interprété son propre rôle dans Le nom des gens / Michel Leclerc / 2010 (Difficile par ailleurs d’oublier qu’en 1984 – alors qu’il occupe la fonction de Premier secrétaire du Parti socialiste -  il a interprété la chanson « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle » au cours d’une émission de télévision[60]). L’homme politique retraité (et aujourd’hui acteur de cinéma occasionnel !) était accompagné par son épouse, la philosophe Sylviane Agacinski.

[Terriblement déçus de ne pas avoir vu Antoine De Caunes et Quentin Tarantino danser un rock endiablé sur scène, les mânes des réalisateurs présents dans la salle s’envolèrent alors pour rejoindre leur Paradis : il y avait là-haut tant de bon films à revoir !]

 

 

ANNEXE II : Comment la critique perçoit-t-elle la « folie » décrite dans le film ?

 

"Hystérie, folie, rivalités, jalousies à mort : il est surprenant de voir que le cinéma sort très peu de ces grands clichés-là lorsqu'il s'empare du danseur de ballet comme "héros" illustratif".

A. Dolffus (Danser n°306 / 01/02/2011)

 

La folie, les hallucinations, l'hystérie, la perte d'identité, Freud…

« Obsession, addiction, souffrance, folie » (E. Guerra / Commeaucinema.com) – «  Black Swan  déroule ainsi une bonne partie de la gamme du cinéma d'épouvante : dédoublement, mutation, cauchemars, hallucinations, folie » (S. Avon / Sud-Ouest)"Un film hystérique" (E. Vernay / Fluctuat.net) – " C'est un film basé sur l'idée du double, et de la perte d'identité" (D. Aronofsky / Fluctuat.net) – " En cinq films, Darren Aronofsky a imposé un talent certain pour démonter les rouages des cerveaux malades" (N. Sciavi / Excessif.com) – "D. Aronofsky entre dans la tête d'un personnage dont l'espérance de vie est menacée par une obsession maladive (…) Natalie Portman traverse des lieux du quotidien dans un état somnambulique (…) Des personnages que l'on croyait réels se révèlent le produit d'un dédoublement de la personnalité (…) La démence des vingt dernières minutes" (R. Le Vern / Excessif.com) – "Nina, en proie aux hallucinations et au délire, va peu à peu sombrer dans la paranoïa et la folie (…) Darren Aronofsky, en bon lecteur de Freud, situe le mal-être de Nina dans ses pulsions sexuelles refoulées (Bienpublic.com) – "N. Portman s'escrime jusqu'à la folie à incarner un cygne noir sulfureux" (B. Lefèvre / rue89.com) – " Une plongée dans la psyché fragile de Nina" (Nouvelobs.com) – "Ce film déborde de folie et de frustration sexuelle" (M. Sauvion / Leparisien.fr) – "Ce film est un déluge de musique et d’hallucinations, qui laisse les spectateurs KO" (J. Rousset / Sud Ouest)"l'endurance physique jusqu'à l'automutilation" (Ouest-France) "Un film sur les doubles et la perte d'identité (…) une histoire de frontières : entre le réel et l’imaginaire, le talent et la folie, la perfection et l’autodestruction " (E. Vallerey / Première) – "(…) Jusqu'à basculer dans une folie destructrice" (Toutlecine.com / 11/01/2011) – "Nina, victime et bourreau de son propre corps" (E. Lequeret, 10/02/2011) – "Obsession compulsive qui peut conduire jusqu'à la destruction" (J. Roy / l'Humanité) – "Black Swan brouille la frontière entre les régions de la réalité – fantasmes, songes, hallucinations. (…) Le film carbure aux projections mentales, plus dérangées les unes que les autres" (L. Guichard / Télérama) – "Un thriller psychiatrique" (Philosophie magazine) – "Nina s'enfonce dans son délire" (les Cahiers du Cinéma) – "L'héroïne est si folle que tous les symptômes évidents de sa maladie (paranoïa, sadomasochisme, pratique de la scarification, haine rentrée de la mère, peur du phallus) ne sont issus que de son seul cerveau (…) Black Swan est aussi un grand film d'humour noir, un récit sadien" (J. B. Morain / Les Inrockuptibles). – "Les frontières de son identité sont si floues qu'elle commence à se voir partout, à la fois attirée et menacée par elle-même (G. Delorme / Première)

 

La schizophrénie

« Un thriller intimiste schizo » (E. Guerra / Commeaucinema.com) – « envolées fantastico-schizophrènes géniales » (E. Guerra / Commeaucinema.com) – " Plus que la danse, c'est la schizophrénie qui est au cœur du film…" (O. Delcroix / Le Figaro) – " Black Swan est un curieux film d'horreur dans le monde de la danse, une plongée sous speed dans le cerveau d'une ballerine schizo" (E. Vernay / Fluctuat.net) – " La représentation de la schizophrénie ne se limite pas à des masques, des doubles ou des symboles" (R. Le Vern / Excessif.com) – " Dans la scène du miroir, le jeu de reflet laisse entrevoir le caractère schizophrène du personnage de Nina (B. Lefèvre / Rue89.com[61]) – "Darren Aronofsky dépeint les ravages de la schizophrénie" (A. Rivier / Le Télégramme) – " la danseuse devenue star sombre alors dans un délire schizophrène auto-destructeur (E. Vallerey / Première / 01/02/2011) – " Aronofsky filme le point de bascule vers la schizophrénie dans laquelle Nina va s'enfermer" (Pariscope) – " Nina, danseuse de très haut niveau, sombre peu à peu dans un délire schizophrène" (E. Lequeret / RFI) – "L'idée de choisir Le Lac des cygnes comme ballet source d'une schizophrénie est intéressante" (Philippe Grimbert / Danser n°306) – "Nina sombre dans la schizophrénie (Philosophie magazine) – "(…) Une mère propre à engendrer une Psychose et une schizophrénie professionnelle engendrant des hallucinations fort déconcertantes (M.B. / Les Fiches du Cinéma 2011) – "Pas de deux terrifiant pour danseuse schizophrène" (T. Sotinel / Le Monde) -

 

La paranoïa

« Natalie a aimé cette idée de basculement dans une folie paranoïaque » (D. Aronofsky / l’Express / 07/02/2011) – " Si l'on ajoute le sentiment paranoïaque d'agression" (R. Le Vern / Excessif.com) – "Nina, va peu à peu sombrer dans la paranoïa" (Bienpublic.com) – " la rivalité entre danseuses qui verse dans la paranoïa" (Ouest-France) – "Un voyage au cœur de la paranoïa" (F. Leclerc / Studio Ciné Live) -

 

La psychose

" Nina, la danseuse psychotique qu'elle incarne avec tant de justesse dans Black Swan" (Les Inrocks / 06/02/2011) – "Nina va sombrer peu à peu dans la psychose" (A. Dollfus / Danser) – "Black Swan est un film très réussi parce qu'il montre un cas clinique parfaitement juste de psychose, chose fréquente dans l'art et dans le processus artistique L'idée de choisir Le Lac des cygnes comme ballet source d'une schizophrénie est intéressante (Philippe Grimbert / Danser n°306). – "Le chorégraphe va créer un monstre psychotique" (S. Delorme / Cahiers du Cinéma)

 

La névrose

« Notre héroïne se révèle gravement névrosée » (PHL / La Voix du Nord[62]) -

 

L'autisme

"Je connais des danseuses, comme Nina, devenues autistes" (Marie-Claude Piétragalla, ex-étoile de l'Opéra de Paris, chorégraphe et directrice de compagnie, / Danser n° 306)

 

"Black Swan, la psychanalyse du film" par Malvine Zalcberg, psychanalyste[63].

" Il est impossible de regarder Black Swan, sans soupçonner que l’effondrement psychique de la ballerine Nina, autour duquel le film se déploie, est lié à sa relation avec sa mère" (…)Tandis que Lily est une femme qui se lâche sans se perdre, Nina, "non-femme", en se lâchant se perd. Ne disposant pas d’une identification féminine constituée d’éléments symboliques et imaginaires sa scène psychique sera dès lors dominée par le réel de la jouissance. Selon Lacan, les trois registres de la structure du psychisme – symbolique, imaginaire, réel – doivent être tissés pour que le sujet fasse face à la réalité. Ce qui lâche chez Nina c’est le lien entre ces trois niveaux, l’assujettissant à l’emprise de ses pulsions. Les mutilations auxquelles elle soumettait son corps constituaient déjà des actes annonciateurs d’un excès de jouissance d’un corps auquel aucune inscription dans les registres symbolique ou imaginaire ne vient imposer une limite (…)"[64].

 



[1] 22/02/2011 - http://www.lesinrocks.com/inrockstv/inrockstv-article/t/60453/date/2011-02-22/article/-398e904373/

[2] Pauline Gallard, « Un cygne noir pour l’avant première de Black Swan », Gala, http://www.gala.fr/lifestyle_de_star/mode/les_stars_et_la_mode/natalie_portman_divine_en_dior_214894

[3] Marshall Mc Luhan, "Pour comprendre les médias", Mame / Seuil, 1964.

[4] Daniel Bougnoux, "Introduction aux sciences de la communication", La Découverte, Repères, n°245, 1998.

[5] L'Etat français, ruiné, a besoin de trouver de nouvelles sources de financement pour entretenir son exceptionnel patrimoine. "Tout naturellement", les responsables du prestigieux château de Versailles ont donc accueilli (Sept. 2008 / Janv. 2009) une exposition des œuvres de Jeff Koons, un artiste cultivant le kitsch, très apprécié par des milliardaires nouveau-riches (Le mariage de l'artiste en 1991 avec la Cicciolina, actrice du cinéma porno qui allait être élue au Parlement italien, a fait beaucoup pour sa réputation sulfureuse et son succès médiatique). Le "parfum" de scandale qui entoure l'exposition versaillaise attire un grand nombre de visiteurs dans ce haut lieu du classicisme à la française et favorise la vente de nombreux produits dérivés. Chacun des partenaires dresse un bilan positif de cette opération culturelle (et commerciale !) réussie…. Le concept ayant prouvé son efficacité, il suffisait, pour générer à nouveau des recettes conséquentes, d'organiser au château une nouvelle exposition sujette à polémique : d’où la présentation en 2010 des œuvres du plasticien japonais Takashi Murakami, "artiste néo-pop et superflat". Ce fut également un succès public, critique, médiatique, et… commercial ! C'est incontestable, la notion de "Culture" est en pleine "modernisation" !

[6] Black swan : « Cygne noir »

[7] François-Pier Pelinard-Lambert, « Très bon cygne », Le film français, n°3411, 18/02/2011.

[8] Le film français n°3412, 25/02/2011.

[9] « Un mélodrame d’horreur », Entretien avec Darren Aronofsky, Cahiers du Cinéma, Février 2011.

[10] Fabrice Leclerc, « Black Swan », Studio Ciné Live, Février 2011.

[11] Elise Domenach, « Notes sur le festival de Venise », Positif, n°597, Novembre 2010.

[12] Fabien Baumann, "Black Swan : créer c'est détruire", Positif, n°600, 01/02/2011.

[13] Stéphane Delorme, "Requiem pour un rêve", Cahiers du cinéma", 01/02/2011.

[14] Laëtitia Forhan, « Natalie Portman, côté pile & coté face », site Allo ciné, http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18591620/?lastpage=1.

[15] http://lebuzz.info/2009/10/33351/naomi-watts-en-tete-de-la-liste-des-10-actrices-les-plus-rentables/

[16] "Black Swan, Lecture ciné-philosophique d'Olivier  Pourriol", Philosophie magazine, 01/02/2011

[17] Entretien avec Marie-Christine Vernay, « Le niveau n’est pas fameux », Libération, 09/02/2011.

[18] "En perte totale d'équilibre", Le Bien Public de Dijon, http://www.bienpublic.com/fr/permalien/article/4594746/En-perte-totale-d-equilibre.html

[19] Guillaume Crouzet, "Nathalie Portman : L'élégance, c'est la confiance en soi, pas les chichis", L'Express.fr / 28/02/2011. http://www.lexpress.fr/styles/monde-des-stars/natalie-portman-l-elegance-c-est-la-confiance-en-soi-pas-les-chichis_967074.html

[20] La fortune de M. Arnault (numéro 1 mondial du luxe) est évaluée en 2010 par le magazine Challenges à 22 760 millions d'euros soit une progression de 56 % en un an (pour certains, surtout dans le monde du luxe, la crise économique semble bien terminée…)

[21] "LVMH confirme en 2009 la solidité de sa stratégie. Amélioration significative des performances pour tous les métiers au quatrième trimestre. Cash flow disponible en hausse de 66 %", 04/02/2010, Euronext, http://www.euronext.com/fic/000/055/169/551692.pdf.

[22] Anne-Sophie Mallard, "le charme délicat de Natalie Portman", Vogue, http://www.vogue.fr/mode/en-vogue/diaporama/le-charme-delicat-de-natalie-portman/3491/image/321235

[23] Virginie Mouzat, "Natalie Portman, matière grise de Dior", 15/12/2010, http://madame.lefigaro.fr/beaute/natalie-portman-matiere-grise-de-dior-151210-112597

[24] être « vegan » signifie avoir une alimentation végétalienne, refuser l’exploitation animale, ce qui implique, entre autres, de ne pas porter de fourrure, de cuir, de laine, de soie, de ne pas utiliser de produits testés sur les animaux et de s’opposer à l’expérimentation animale.

[25] Végétalisme : Régime alimentaire excluant tous les aliments qui ne proviennent pas du règne végétal (distinct du végétarisme).

[26] Elise de Brouwer, "Vegan face of Dior", site Lastveganparano, 03/01/2011.

[27] « À l'occasion de l'exposition "Fellini, la Grande Parade", le Jeu de Paume a invité Francesco Vezzoli à réaliser un projet qui s'inspire du cinéma et des personnages felliniens. L'artiste italien présente une installation audiovisuelle, tirée de la performance qu'il a réalisée au Musée Guggenheim à New York en octobre 2007. Il avait alors proposé une mise en scène de la pièce de Luigi Pirandello "Chacun sa vérité", et invité des acteurs célèbres comme Natalie Portman ou Anita Ekberg, muse de Fellini et protagoniste de "La Dolce Vita", à une réflexion sur la fascination pour les célébrités et pour la vie privée des stars » (Le Figaro / 04/11/2009).

[28]"Natalie Portman et Michelle Williams se crêpent le chignon", Les Inrocks, http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/37723/date/2009-04-22/article/natalie-portman-et-michelle-williams-se-crepent-le-chignon/

[29] Nathalie Vandevelde, "Greed, le vrai faux parfum", levifweekend.be, 13/02/2009.

[30] "L'alliance de Natalie Portman, amour et écologie", http://www.shootmemore.com/flows/people/posts/38324-lalliance-de-natalie-portman-amour-et-%C3%A9cologie

[31] Enceinte

[32] Films

[33] Mode

[34] Mila Kunis a reçu  le prix Marcello Mastroianni pour son interprétation dans le film. (Mostra de Venise 2010)

[35] Maquillage

[36] Robe

[37] Fiancée

[38] « La guerre des étoiles »

[39] J. M. Th., "Dior, j'adore plus", Le canard enchaîné, n°4714, 02/03/2011 [(…) Natalie Portman, tout juste oscarisée et nouvelle égérie du parfum Miss Dior trouve que ça ne sent pas très bon : "Je suis fière d'être juive et je ne veux être associée en aucune façon avec M. Galliano"].

[40] Pierre Bourdieu, "La distinction", Les éditions de minuit, 1979.

[41] François Aymé,  Black Swan, « La mini-gazette », n° 373, 02/02/2011, Cinéma « Art et Essai » Jean Eustache, Pessac.

[42] L. Armati, E. Desplanque, I. Poitte, « Plus fort que le cinéma – le pouvoir des séries » , Télérama, n° 3189, 26/02/2011.

[43] Titre du livre de Julien Benda publié en 1927.

[44] Critique de cinéma (1918 – 1958)

[45] Ecrivain et critique de cinéma (1919 – 1979)

[46] Critique cinématographique (1944 – 1992).

[47] Les animateurs des radios publiques et privées adorent rappeler aux auditeurs : "Il y a du foot ce soir !". Ces professionnels de l'information ignorent que les calendriers sportifs sont établis pour "qu'il y ait toujours du foot ce soir" (il faut bien rentabiliser les investissements des généreux sponsors et permettre aux société de paris sportifs – et donc à l'Etat -  de réaliser de substantiels profits)

[48] « Présidentielle 2012 : un sondage donne Marine Le Pen en tête du 1ier tour », Le Figaro, 05/03/2011.

[49] France Inter, Journal de 13H00, 06/03/2011

[50] Piotr Smolar ,  "Front national, un sondage, des lectures", France Inter, chronique politique de 06H45, 07/03/2011.

[51] La magazine « Phosphore » a demandé à ses jeunes lecteurs d’élire la personnalité qui a marqué l’année 2010 : « Sur le podium, on trouve Lady Gaga, la reine de la provoc, et Paul le Poulpe, la vraie star de la coupe du monde de foot » - Phosphore, n° 356, Février 2011.

[52] « Frédéric Mitterrand va tenter de désamorcer la polémique », Le Monde, 18/12/2009.

[53] Boulevard de la mort (Death Proof ) / Quentin Tarantino / 2007.

[54] Baise

[55] Enculer

[56] Site staragora, consulté le 27/02/2011 - http://www.staragora.com/news/cesar-2011-antoine-de-caune-offre-un-fucking-phoque-a-quentin-tarantino/416098

[57] Uma Thurman, actrice née en 1970, est l’héroïne de nombreux films réalisés par Quentin Tarantino (dont Kill Bill et Pulp fiction).

[58] « Elle joue une jeune militante de gauche qui convertit les hommes de droite à ses idées en leur offrant son corps. Tout un programme… » (Site Lefigaro.fr).

[59] « Césars, les moments les plus croustillants de la soirée » - site Auféminin.com consulté le 27/02/11 - http://www.aufeminin.com/people/sara-forestier/cesars-2011-les-meilleurs-moments-de-la-ceremonie-sara-forestier-n69039.html

[60] « Carnaval », une émission de variétés animée par Patrick Sébastien.

[61] Hélène David, "Black Swan, une caricature crédible du monde de la danse, entretien avec Brigitte Lefèvre", 09/02/2011, Rue89.com, http://www.rue89.com/2011/02/09/black-swan-une-caricature-credible-du-monde-de-la-danse-189632

[62] PHL, « Amour, gloire et beauté, les rêves dansants d’une étoile névrosée », La Voix du Nord, 09/02/2011.

[63] Auteure de "Qu’est-ce qu’une fille attend de sa mère ?" (Odile Jacob – Paris)

[64] Le nouvel observateur, http://cinema.nouvelobs.com/vu-sur-le-net/black-swan-la-psychanalyse-du-film,198745


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